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Un début à tâton

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Antonella Tsumi
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MessageSujet: Un début à tâton Ven 22 Jan 2016 - 3:34


“Un début à tâton”


On dit souvent que les premiers jours dans un nouveau paysage ne sont pas de tout repos. Cela s'annonçait vrai pour Krysten, qui avait déjà vécut une première journée à l'institut... En se trouvant du mauvais côté du portail, avec un démon. Quoi de mieux pour commencer une nouvelle vie que d'arriver et d'être au beau milieu d'un conflit, dans lequel il se sent nullement touché ? Cette première journée avait finalement pris fin. Aujourd'hui n'était donc que le deuxième jour pour le mutant, qui avait déjà un programme de chargé. En plus de s'installer le plus confortablement possible dans la chambre, découvrir l'institut et ses environs, il devait passer la visite médicale. Chose qu'il n'allait certainement pas apprécier. Se faire tripoter et questionner par un ou une inconnue était déjà de trop. Il fallait en plus qu'il remplisse un formulaire... Sachant que l'écriture restait un domaine avec lequel il avait énormément de difficultés. Ses nombreuses années de coma avaient enlevés de nombreuses capacités à cet homme, qui s'efforçait malgré tout de les récupérer. Entre sa difficulté à écrire, et sa nature peu bavarde, il ne restait plus que le dessin à cet homme pour pouvoir s'exprimer. Mais pour s'exprimer, ne fallait-il pas un interlocuteur également ?

C'est aux alentours de 10h30 que Krysten quitta sa chambre pour aller en direction de l'infirmerie. Armé d'un petit calepin et d'un fusain, il attendit près d'une vingtaine de minutes devant l'infirmerie, attendant que le responsable ne revienne. Assis, s'appuyant contre l'une de ses cuisses surélevée, son imagination l'aidait à combler l'absence de visages autour de lui. Son imagination ne l'avait jamais quitté, ses souvenirs non plus. Des milliers de visages sans nom noyaient sa mémoire, qui semblaient disparaitre une fois que leur traits figuraient sur une feuille. C'était sa manière à lui d'évacuer ce surplus. Tout comme ses émotions. Ces feuilles vierges étaient une sorte de mémoire externe, une manière de passer à autre chose sans pour autant perdre de manière définitive la trace de son vécu.

Des bruits de pas sortirent Krysten de ses pensées. Sa tête se releva, tandis qu'il refermait du bout de ses doigts le calepin, rangeant ainsi le visage d'une inconnue dessinant sous un arbre. Imitant le bonjour d'une femme en blouse blanche, il hôcha la tête lorsqu'elle lui demanda s'il était le nouvel élève Krysten Collins. Sans un mot de plus, il se leva et suivit la silhouette féminine, avant de refermer la porte derrière lui. Ses yeux observèrent l'infirmerie avec peu d'interet : un bureau, deux sièges. Au fond de la pièce, il y avait deux lits entourés de rideaux tout aussi blancs que les draps. Point. Rien d'autre à dire. Ah, si, peut-être deux ou trois cadres censés donner un peu plus de vie à cette pièce, mais qui n'en faisaient rien, en fait. Ils étaient installés juste au dessus du bureau, à quelques centimètres au dessus de Krysten désormais.

"Alors, je vais vous donner à remplir des papiers. Ne les remplissez pas tout de suite, je préfère d'abord vous ausculter, puis je vous laisserai les remplir. Comme ça je pourrais plus rapidement m'occuper des autres tâches."

Quel bel accueil pour le mutant qui avait l'impression d'être un poids dans l'emploi du temps de l'employée. Cependant, d'un côté, cela l'arrangeait bien. Il aurait disparu au retour de l'infirmière, prétextant lors de leur prochaine rencontre avoir eut une urgence. Comme toute réponse, Krysten hôcha la tête, avant de se lever et de se mettre pieds nus, se collant contre un mètre installé au mur. Ses pas le menèrent par la suite sur une balance.

"1m80 pour 70kilos. Vous avez un bon IMC cependant, pour un homme de votre carrure, je pense qu'il serait bon que vous gagniez quelques kilos. Enlevez votre tee-shirt et installez vous sur un lit je vous prie."

Ecoutant l'infirmière, Krysten se dévêtit. L'instrument froid parcourut d'abord son dos, avant de faire pareil sur son torse, offrant quelques frissons désagréables au mutant. Alors que la voix de l'employée allait à nouveau résonner pour commenter son pouls et ses battements de coeur, le téléphone de la pièce sonna. Quittant son patient, la femme décrocha, répondit quelques mots et raccrocha. Annonçant une absence de plusieurs minutes au futur élève, elle quitta le bureau sans ajouter quoi que ce soit.

"Décidement..."

Soupirant et sentant bien une absence abusive, Krysten se leva du lit et s'empara de son calepin qu'il avait laissé avec son tee-shirt sur l'une des chaises du bureau. Retournant au lit, il s'y réinstalla et releva la couverture de son cahier. Reprenant l'inconnue aux airs de gothiques qu'il avait laissé il y a quelques minutes, son fusain reprit sa danse sur le papier durant de nombreuses minutes. Seul le carbone semblait alors défier le silence de la pièce.


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MessageSujet: Re: Un début à tâton Ven 22 Jan 2016 - 16:18


On entendait souvent parler des accidents du travail, heureux que cela ne nous arrive pas, mais plein de pitié pour les victimes en fonction du degré de la blessure. Ce matin encore, entre femmes de ménage, on commérait et évoquait le fait qu'une autre salarié avait encore été amenée à l'hôpital à cause d'un élève et de ses pouvoirs un peu trop fugaces. C'était une vraie catastrophe dans ce secteur-là, personne ne voulait contribuer à des tâches aussi ingrates, mais le personnel commençait cruellement à manquer. Plus tôt dans le mois d'ailleurs, l'une d'entre elles étaient parties, subitement, lançant que le but de sa vie était tout autre. Suite à ce départ, c'était souvent aux nouveaux qu'on donnait le travail du lâche à faire en plus du sien, une sorte de bizutage disons. De ce fait, c'était la jeune Lydia qui avait tout pris, la cafétéria n'allait plus avoir de secret pour elle. Les accidents augmentaient de plus en plus, de ce fait, toutes portaient à un œil attentif à la sorcière "au cas où", il n'était pas question d'en perdre une de plus ! Etant donné que son boulot n'était à effectuer que le soir, laissant à la jeune fille une mâtinée de libre si elle n'avait pas cours, les salariés lui laissèrent la chance d'être encore une fois remplaçante, du matin cette fois-ci "en attendant que l'autre sorte de l'hôpital" avait-on dit. Plutôt serviable et se laissant facilement marcher sur le pied, mais aussi car elle n'avait pas d'excuse pour refuser (n'ayant pas classe) et que ses heures supplémentaires allaient être rémunérées, l'étudiante accepta. C'est ainsi qu'elle se retrouve dans une salle vide avec quelques éponges, des gants, un seau, un balai et tout le nécessaire pour faire de cette pièce sale un exemple de propreté. C'était souvent dans les cours de potion qu'il y avait le plus à faire, et avec la même chance qui lui avait valu ce poste, la jeune fille fut servie et se retrouva parmi les plantes, les filtres brisés, les chaudrons encore pleins, et des livres non fermés. Quoique... Cette fois-ci peut-être que le destin avait été plus clément. En effet, c'était comme mettre un enfant dans un magasin de jouets, on était sûr de le perdre tandis qu'il toucherait à tout. Lydia, semblable à ce gamin donc, posa son matériel malgré sa volonté de bien faire, et s'approcha des ustensiles. Parcourant des yeux une table, et lisant la concoction qu'on y préparait, elle pouvait déjà d'ici remarquer que la personne s'y était prise n'importe comment ! Les couleurs ne correspondaient pas, certaines fleurs étaient encore posées sur la table alors qu'elles devraient être dans le chaudron. De même, elle pouvait voir des morceaux d'autres "aliments" parasitaires flotter dans le liquide. Mais qu'avait préparé cet élève ? Ce n'était en tout cas pas la recette de base. Cependant poussée par la curiosité, la femme de ménage se mêla de ce travail mal accompli. C'était son côté perfectionniste qui lui cirait de remettre de l'ordre dans cette catastrophe. Aussi, s'emparant du livre, elle lu un instant le devoir commencé. Il s'agissait, comme elle le pensait, d'un mélange qui visait à ralentir les mouvements, mais les plantes demandées pour cet exercice ne coïncidaient pas du tout avec celles apparemment utilisées.
Tournant autour de la préparation, comme un fauve qui espionnait sa proie avant de se jeter dessus, la sorcière finit enfin par essayer de comprendre ce qu'il y avait dedans, ainsi que son objectif. Elle prit le bol qui était posé à côté avec ce qu'il semblait être la touche finale à l'intérieure, et le jeta dedans. Ayant prit la précaution de se reculer, sa distance de sécurité ne prit malheureusement pas en compte les effets. C'est donc une insoupçonnable fumée qui s'échappa du récipient. Celle-ci semblait se dissiper précipitamment, mais fut tout de même assez rapide pour atteindre la jeune fille qui recula davantage. Elle n'eut pas le temps de fermer les yeux que déjà, il faisait noir alors que ses paupières étaient encore ouvertes.

- Oh non ! Lâcha-t-elle toute embarrassée.

Certaines de ses collègues nettoyant dans le même couloir, elle les interpella pour les entendre arriver dans la seconde qui suivait.

- Mais qu'est-ce que tu as fait ?! Ne perds plus de temps et nettoie moi ça !

Gênée, la demoiselle bafouilla, en se tournant vers le son de la voix à quelques centimètres près, et expliqua son problème.
Le nombre déjà trop restreint de personnel dans l'institut était une bonne raison pour énerver les femmes lorsqu'une salarié de plus se trouvait dans l'incapacité de travailler.
La plus vielle, tout en grognant, attrapa le bras de l'étudiante.

- Viens là toi ! On va soigner ça. Lança-t-elle froidement tandis qu'une autre était partie on-ne-sait-où.

Frôlant la chute à plusieurs reprise, Lydia se retrouva dans un lieu qu'elle ne sut reconnaître par la simple mémoire du trajet.

- Je ne vois rien pas le hublot de la porte, roh, l’infirmière a encore dû se barrer. Ou alors l'autre idiote l'a appelé pour qu'elle vienne te chercher. Hé bah... Le temps qu'elle te trouve hein... Bon, elle abandonnera avant, si j'la vois j'la préviendrais que tu es déjà dans son bureau. T'attends quoi ?! Tu rentres, tu t'poses et tu guéris, ok ? On n'a pas l'temps de t'attendre.

La poussant vers la porte, Lydia s'excusa auprès de sa supérieure, et l'ouvrit puis la referma derrière elle. Elle pénétra alors dans une pièce qui lui était totalement inconnue, ce qui n'était pas évident pour s'y déplacer étant donné qu'elle était également aveuglée... Avançant de manière incertaine, elle n'entendit aucune présence. Bon, espérons que l'infirmière ne tarde pas... Pensa-t-elle.
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MessageSujet: Re: Un début à tâton Sam 23 Jan 2016 - 3:48


“Un début à tâton”


Durant de nombreuses minutes, la respiration de Krysten et le bout du fusain offraient une certaine cacophonie brisant le silence de la pièce. Mais bientôt, d’autres instruments vinrent se mêler au chahut du mutant : des bruits de pas, qui se rapprochaient. Tout comme une voix. Une grosse voix féminine et grave. Relevant à peine la tête dans la direction de la porte, la danse de son carbone prit fin. Cette voix n’avait rien de celle de l’infirmière. Super. En plus de devoir attendre cette dernière, il allait devoir supporter une autre personne avec lui ? Ne voulant pas s’avancer trop vite, il attendit, mais les mots prononcés étaient vraiment de plus en plus distincts et proches. Krysten entendit le grand final ainsi qu’un « bom », comme si quelqu’un venait de se prendre légèrement la porte. Restant assis à sa place, il attendit à nouveau que les choses se fassent et elles se firent. Bientôt, la porte de l’infirmerie s’ouvrit avec lenteur, laissant une jeune femme rentrer, de manière maladroite, avant de refermer la pièce derrière elle. Le mutant l’observa, à l’autre bout de la pièce. Il prévoyait que d’ici quelques secondes, leurs regards se croisent, débutant ainsi une conversation. Mais non. Ses iris restèrent rivés sur la silhouette qui avançait de manière… peu sûre. Fronçant les sourcils devant la scène, il se demandait quel mal pouvait la ronger pour qu’elle marche avec aussi peu d’assurance. Ce n’est que lorsqu’il fit plus attention à son visage qu’il se rendit compte de l’absence de son sens visuel. Enfin, c’est ce qu’il crut comprendre lorsqu’il observait les yeux de la demoiselle rester fixes, sans bouger. Il aurait pu l’aider mais… L’envie ne se faisait pas ressentir. Les aveugles avaient des sortes de bâtons afin de se diriger, non ? Ou un chien. Même si elle n’avait rien de tout ça et qu’elle semblait avoir beaucoup de mal en fait. Mais rien n’y faisait.

Qu’elle soit immobile, ou en mouvement, Krysten continua à la fixer longuement, sans dire un mot, canalisant sa respiration, pour qu’elle soit assez faible pour ne pas être entendue, mais tout de même assez grande pour ne pas être obligé de lâcher un soupir par mégarde. Il se surprit à penser qu’elle avait de très jolis traits. C’était une gamine, certes. Mais elle avait un regard assez troublant, malgré la couleur assez commune. Son nez remontait dans un joli pic tandis que ses lèvres lui offraient une certaine sensualité. Son corps épousait particulièrement bien le visage, offrant en résultat une jolie jeune femme.

Il n’en fallut pas plus pour Krysten qui changea de page pour entamer une page vierge, dans le plus grand des silences. Maniant son carbone avec grande discrétion, les traits de l’inconnue commençaient peu à peu à se retrouver sur le papier. N’offrant que quelques traits à la chevelure pour la placer, Krysten préféra s’attarder sur ses yeux. Ils ne demandaient que de courts coups de crayon, tandis que ses cheveux demandaient un long moment à être imités, et dont le crayonnage hotterait toute discrétion au mutant. Il s’attarda sur ses cils, qui, malgré la distance, étaient visibles et donnaient au modèle un regard de biche. Au fur et à mesure, l'extremité montante de son nez apparut commençait à apparaitre. Quand les formes furent présentes, Krysten se mit à imiter l'emprunte de l'ange de la belle, endroit que Gabriel avait joliment marqué sur cette humaine d'ailleurs. Les commissures apparaissaient également, bientôt rejointes par sa bouche.

L'amateur d'art en profitait. Il n'avait pas l'habitude d'avoir un modèle aussi près de lui, se laissant docilement dessinée, même si elle n'était pas au courant de ce qu'il se tramait. Baissant de temps à autre la tête pour faire partir son fusain correctement, il relevait aussitôt la tête pour ré-enregistrer ses traits. Cependant, ils ne restaient que peu visibles sur la feuille. Krysten profitait du temps qui lui semblait limité pour imprimer tous ses contours, de façon à pouvoir continuer son esquisse plus tard, lorsqu'il retournerait dans sa chambre. Ses traits restaient fins et délicats, tout comme le visage de... Cette femme de ménage ? Pour un observateur, Krysten avait totalement fui ce détail. Peut-être était-ce son subconscient qui avait chassé la signification de sa tenue, afin d'enjoliver la scène ? Sa main arrêta tout mouvement, observant les vêtements. C'était devant ce genre de personnes, qu'il se demandait pourquoi de tels métiers existaient. Fixant son corps sans aucune pensée obscène, il mit du temps mais réussit à cerner les formes exactes malgré la tenue, puis la coucha immédiatement sur papier. Loin d'être styliste, le Collins imaginait déjà cette belle inconnue dans une robe courte ajustée blanche et noire, accompagnée de fins talons.


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MessageSujet: Re: Un début à tâton Sam 23 Jan 2016 - 15:06


La jeune fille gardait inutilement les yeux ouverts lorsqu'elle se déplaçait, juste au cas où la vue reviendrait. Un pas après l'autre, elle avançait dans cette salle dont elle ne connaissait pas du tout l'agencement des meubles, ni la forme de la pièce. Encore une fois, futilement, elle se retourna vers là d'où elle venait, c'est-à-dire la porte. Même si elle ne pouvait guère percevoir sa collègue s'en aller, la demoiselle l'imaginait. Dans une sorte de vision intérieure, elle arrivait à, en passant par la logique et la construction mentale, sentir l'agacement de sa supérieure, qui s'éloignait en marche rapide, de pas violents et par de grandes enjambées. Nerveuse, elle eut son bon vieux réflexe de se mutiler la lèvre inférieure avec les dents, jusqu'à ce qu'un picotement s'ensuive, c'était le signe qu'elle avait un peu trop pousser son acharnement. Mais, elle n'arrivait pas à s'empêcher d'arracher encore quelques peaux, tâchant sa victime de petite marque rougeâtre. Elle craignait le pire pour elle, avec cet accident, les salariés étaient encore plus énervés, à l'origine déjà, le personnel du lycée demeurait très agité suite aux nombreux dégâts et départs. Lydia n'était qu'un cas de plus parmi tant d'autres. Exigeant un minimum de sérieux, on ne voulait pas d'une étudiante qui ose se permettre de contourner son travail pour s'abandonner à quelques expériences dans l'art de la sorcellerie. Mais la demoiselle savait également qu'à l'heure actuelle, chaque employé comptait et était très important. Néanmoins cet argument ne tenait pas la route, il valait mieux en laisser partir un, si ce-dernier ne causait que des problèmes et ralentissait le boulot, voire en rajoutait.
Pourtant, Lydia était pleine de bonne volonté, et de désir de bien faire. Elle souhaitait aider, mais surtout, pouvoir gagner de l'argent. L'institut Parker était avant tout un établissement scolaire, marginal, certes, mais tout de même. Il y avait des frais de scolarité à prendre en compte, ne serait-ce que pour les déjeuners à la cafétéria. De plus, en dehors de cela, il y avait toute une vie loin de ses murs, le médecin, des trajets, des vêtements à acheter, et ainsi de suite. La jeune femme ne pouvait pas se permettre de perdre son boulot, étant donné que ses parents ne lui versaient rien. Ce n'était pas parce qu'ils ne le voulaient pas, mais surtout car ils ne le pouvaient pas. A l'heure actuelle sa place en ces lieux étaient compromises, et elle ne pouvait s'empêcher d'angoisser. Aveugle, il fallait bien qu'elle se concentre sur ce problème avant le reste, la suite suivrait plus tard. Le suspens, ce n'était pas sa tasse de thé, elle aimait prévoir, tout calculer. Aucune surprise, aucun imprévu. C'était le contrôle permanent, jamais elle ne lâchait prise et ne se laissait aller. Pourtant, elle ne pouvait, présentement, rien faire de plus qu'attendre l'infirmière. Ne "rien faire", c'était réellement quelque chose qu'elle détestait. Il fallait qu'elle bouge, créé, apprenne, découvre. Chaque minute devait servir à l'évolution d'une capacité, de la culture, ou encore de sa mentalité. Elle était une éponge à informations, il fallait la gaver de nouveauté et d'approfondissement de connaissance. Pour le moment, il n'y avait que de la frustration. Elle n'arrivait pas à concevoir un futur sans sa vue. Et si cet handicape ne se soignait pas ? Et si elle se trouvait contrainte de vivre avec ça pour le reste de ses temps ?
Elle secoua la tête, comme pour faire taire ses propres voix, de toute façon, personne n'était là pour les entendre, ou les voir. Avançant les bras légèrement devant elle, lentement, elle fit un vague tour de la salle, touchant les meubles afin de repérer leur configuration. Elle ancrait dans sa mémoire ce qu'elle caressait, ceci devait être une table, et cela une étagère. Son pied butta dans une chose rectangulaire au sol, une balance ? Elle continuait ainsi jusqu'à tomber sur une sorte de lampe ou sculpture en bois, elle n'arrivait pas à définir cet objet. Maladroite car désorientée, elle fit tomber la mystérieuse chose. Oops ! Il n'y avait pas de bruit de casse, c'était déjà ça. S'agenouillant, elle tâta le sol afin de le retrouver, effleurant de-dernier de ses mains un peu partout autour d'elle, se déplaçant parfois sur le côté au cas où l'objet ai roulé.
Mais rien n'y faisait, ses doigts ne percutèrent pas ce qu'elle cherchait. Mince, et cette fichu vue qui ne revenait pas. Se redressant, elle perdue un peu l'équilibre et se rattrapa alors sur ce qui lui tombait sous la main. Elle ne comprenais pas vraiment ce que c'était, mais cela semblait plus ou moins parallèle au sol. (Je te le spoil direct pour ne pas que tu penses à autre chose suite à la description, mais c'est une CUISSE !). Une sorte de cylindre, mais elle n'en reconnaissait par la matière, cela avait l'air à la fois solide, mais pas aussi dur que les métaux. Elle ne tarda par à retirer sa main pour la poser devant elle. (Torse) Cette fois-ci, l'objet semblait davantage perpendiculaire au sol, solide, elle laissa glisser ses mains froides dessus. La matière ne lui était pas inconnue, mais elle n'arrivait toujours pas à mettre un mot dessus. La forme ne traduisait guère celle d'un mur, ou alors ceux de l'infirmerie n'étaient pas très droits, mais c'était peu probable...
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MessageSujet: Re: Un début à tâton Dim 24 Jan 2016 - 4:10


“Un début à tâton”


Le fusain continuait sa frénétique danse, dévoilant un visage de plus en plus détaillé, tout comme le modèle. Car plus les secondes passaient et plus l’inconnue diminuait la distance qui la séparait de Krysten. Mais il ne s’en occupait pas vraiment, conscient que la distance restait quand même acceptable. Cependant, la mémoire du mutant prit le dessus sur son sens visuel car bientôt, il ne releva plus la tête pour redécouvrir ses traits. Il fut plongé dans ses pensées, abandonnant la réalité, faisant confiance à l’emprunte que cette jeune femme avait laissé dans ses souvenirs. La discrétion resta présente malgré l’état second du dessinateur qui avait terminé de placer les éléments du visage. Il commençait à peaufiner les plus gros détails, commençant également les ombres, baladant le bout de son index pour étaler le carbone sur la feuille. Le dessin avançait bien et rien ne semblait ramener l’homme à la réalité…. Ah bah si en fait. Un objet contondant tomba par terre, sans pour autant faire entendre de bruit de fracas. Mais le bruit sourd fit légèrement sursauter le mutant qui sortit de sa rêverie. Il releva la tête pour s’apercevoir que… La jeune femme était juste devant lui. Alors que ses pieds pendaient à quelques centimètres au dessus du sol, l’inconnue, elle, était agenouillée, à la recherche d’une statuette taillée dans du bois. Une statuette assez moche, soit dit en passant. Krysten aimait l’art mais… Ca n’en était sûrement pas. Ses doigts se baladaient agilement par terre, touchant chaque centimètre carré de son périmètre, sauf ceux où se trouvait l’objet. C’était fait exprès ? C’était une caméra cachée ?

Caméra cachée ou non, il s’en fichait en fait. Car ce qui lui importait, était le fait qu’il n’existait plus aucune distance convenable entre la demoiselle et lui-même. Elle était agenouillée. Juste devant lui. Juste en dessous de lui. Prête à frôler l’un de ses genoux, ou l’un de ses pieds pendants. Se figeant, la tête baissée, il fixa la miss. Il ne pouvait pas bouger. De peur qu’elle bouge également, que le contact se fasse et qu’elle découvre qu’elle n’était pas seule. Théoriquement, il se fichait de se trouver dans la même pièce qu’une autre personne. Mais là, la situation était que Krysten n’avait pas voulu être dérangé. Et que désormais, si l’inconnue découvrait la présence de cet homme, la situation semblerait perverse. Que pourrait-elle penser, en s’apercevant qu’un homme était là, silencieux depuis le début, épiant certainement chacun de ses faits et gestes ? Il n’avait pas pensé à mal et pourtant. Maladresse.

Malaise. L’une des mains féminines arriva sur… la cuisse de Krysten. Se braquant de plus en plus, Krysten ne bougea pas pour autant et ne réagit pas ouvertement. Avalant sa salive, il attendit que ça passe. Mais les secondes semblaient durer des heures. Surtout que le face à face commença à se faire au fur et à mesure qu’elle se relevait. Le mutant se jura de partir de l’endroit dès qu’elle se serait un temps soit peu éloigné, gêné de la situation. Il se fichait de faire du bruit, il ne serait certainement pas autant embarrassé qu’elle après tout. Et de ça, il s’en moquait bien. Chacun pour soit.

Enfin, le contact se rompit. Pour… Se refaire sur son torse. Et là, ce fut différent. D’abord parce qu’il y avait une différence d’intimité entre toucher une cuisse et toucher un torse. Puis parce que, contrairement à sa cuisse, son torse était nu. Le jean’s de Krysten avait empêché le contact direct. Mais là, rien ne faisait obstacle entre le torse chaud du mutant et la main gelée de l’inconnue. Ses muscles se contractèrent face à cette différence de degré, qui fit venir des milliards de boutons sur le haut de son corps, hérissant ses poils au passage. D’un reflexe rapide voire brusque, la main de Krysten s’accrocha au fin poignet de la femme de ménage, accompagné d’un :

« Stop, t’as assez profité là je crois. »

Sous la brutalité du geste, le fusain ainsi que le carnet étaient tombés par terre. La situation n’aida pas vraiment Krysten à paraitre sympathique, peu habitué à ce que l’on touche son corps depuis des années. Cependant, stressé, il se rendit rapidement compte que sa poigne était quelque peu … Forte. Ne voulant pas non plus lui faire mal, il relâcha son emprise, tentant de se calmer. Qu’est-ce qu’il lui arrivait ? Pourquoi était-il autant sur le qui-vive ? Ça ne lui ressemblait pas. Et il le savait. Bon, il n’en était tout de même pas au point de s’excuser –même s’il regrettait sa « violence »-, après tout, les torts étaient partagés.

Un soupir put s’échapper librement, remettant l’esprit de Krysten à sa place. Voulant atténuer la situation des deux, plus ou moins tendus, la voix du Collins reprit :

« Si tu recules, t’as un lit derrière toi. Ça sera mieux que de continuer à toucher tout et n’importe quoi dans la pièce, en attendant que l’infirmière revienne. »

Oui, bon, pour paraître sympathique, on repassera. Posant ses pieds à terre, évitant la brune, il ramassa la statuette de bois, son carnet et son instrument à dessin, posant le premier objet à sa place, et les deux derniers sur le lit où il était installé jusqu’à présent. Il retourna s’asseoir sur le lit et même mieux, il finit par s’allonger de tout son long, posant sa main gauche sur son torse, à l’endroit exacte ou le contact fut, il y a quelques instants. Histoire de se réchauffer cette partie refroidie, histoire de se réapproprier cette partie, d’y remettre sa trace.


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MessageSujet: Re: Un début à tâton Dim 24 Jan 2016 - 5:12


Le bout des doigts de Lydia glissaient sur le support. Les yeux ouverts, fixant sûrement l'objet de sa curiosité, sa vue ne percevait rien et cela n'en était que plus frustrant. Il y eu un mouvement, et la texture de cette chose inconnue changea. Écarquillant un peu les yeux, elle eut enfin une idée de ce qu'elle touchait, bien que cela lui apparaissait comme impossible. Souhaitant subitement retirer sa main, au cas où, elle se fit empoigner violemment et grimaça. Sa réaction fut un croisé de douleur, mais aussi d'une immense gêne qui la rendit instantanément cramoisie. Ses joues entières étaient rouges, elle ferma les yeux pas pur réflexe, bien que cela était inutile. Mais tout était psychologique, c'était une façon de mettre une barrière entre son paysage intérieur et la réalité qu'elle souhaitait fuir actuellement.
Une voix résonna et quelques objets tombèrent, en tout cas c'était ce que le bruit suivant annonçait. Se sentant complètement stupide, Lydia se demandait depuis combien de temps cet homme était présent, et pourquoi n'avait-il pas montré ne serait-ce qu'un indice de sa présence en ces lieux ?
Elle baissa la tête en tirant son bras vers elle pour qu'il se décide à la lâcher, ce qu'il fit dans les secondes à venir. Tout de suite après, elle posa sa paume sur l'endroit qui avait été pris au piège pour atténuer, avec le froid de son membre, les marques rouges qu'elle possédait sûrement.
Cette journée ne s'annonçait vraiment pas bonne. Tout ça était à cause d'elle, après tout, il ne fallait pas jouer avec les potions, ainsi elle aurait toujours sa vue, et ne serait pas dans une situation aussi embarrassante. L'inconnu lâcha un soupire et lui indiqua un lit derrière elle. Il ne semblait pas connaître la sympathie. Mais elle le comprenait... Il est vrai que se faire toucher par une inconnue, ce n'était pas non plus une façon de bien commencer la journée. Non, elle ne voulait plus penser à cet accident. Bien sûr, c'est ce qu'elle fit tout de même à l'instant suivant, et de nouveau ses pommettes se colorèrent. Sa lèvre inférieure ne l'avait jamais -ou rarement- autant piqué, et elle se doutait bien que de rose, sa bouche était en partie devenue aussi rouge que le reste de son visage.
Bafouillant des excuses, elle recula précipitamment jusqu'à heurter le fameux meuble et s’asseoir dessus. Mettre de la distance entre lui et elle, était à présent son premier objectif. Se concentrant sur les sons, elle espérait entendre l'infirmière revenir, mais rien n'y faisait. En un instant, elle était passée de curieuse à totalement paniquée. Passant nerveusement ses mains sur son visage, elle laissa le temps de la surprise s'estomper avant de pouvoir aligner des mots clairs et former ainsi une phrase correcte et distincte. Les pensées ne jouaient pas en sa faveur, à peine ses doigts eurent toucher sa peau, qu'elle se remémora, et visualisa la matière qu'ils avaient effleuré avant. Cela suffisait à relancer son visage d'un courant chaud et à rendre tout son corps apte à l'électrocution au moindre contact. Cela ne se voyait pas, mais se sentirait. Bon, il était temps de cesser ses gamineries. Qu'un torse, ce n'était qu'un torse. Soufflant une bonne fois pour toute, et avec un sourire totalement gênée, mais en même temps amusée par cette scène, Lydia se décida enfin à parler. Jusque là, sa réaction avait prise une trentaine de secondes, le temps de bafouiller, de se placer, de se sentir très idiote, ainsi que de reconstruire et passer en boucle l'image de cet événement dans son esprit. Son poignet quant à lui, elle l'avait déjà oublié. L'étreinte était violente, et forte, mais pas assez pour lui casser quoique ce soit, donc la douleur passait au second plan.

- Je suis vraiment désolée ! Lâcha-t-elle enfin. D'habitude... Je n'aborde pas comme ça ! Continua la demoiselle posant ses mains de part et d'autre de son visage, sentant bien que sa température corporelle avait un peu augmenté à cause de sa maladresse.

Qu'allait-il penser d'elle ? La sorcière passait réellement pour une idiote. Mais "c'était de sa faute également", se répétait-elle pour se sentir moins coupable, avant de se rappeler que ce n'était pas la fin du monde. Elle en rigolerait bien plus tard !
Progressivement, son corps se déchargea de toute cette électricité, et ses pensées repassèrent à quelque chose de plus rationnel. Enfin, au possible. Il était vrai que Lydia n'était pas la personne la plus habituée à ce genre de caresse, encore moins avec un inconnu, mais elle qui aimait innover, qui cherchait la nouveauté, voilà de quoi la servir !
Tout le long, elle avait tenté de garder un air le plus neutre possible, cependant ses couleurs changeantes, ses mouvements rapides, et ses bafouillages gênés l'avait trahie, elle le savait. N'attendant pas forcément une discussion avec cet homme, elle espérait pourtant qu'il réponde au moins quelque chose, ne serait-ce que pour lui dire que ce n'était pas grave, ou encore qu'il devait y aller. Même quelques paroles -très- froides lui seraient plus agréables qu'un mutisme, car à ce moment même, elle ne craignait rien de plus qu'un silence pesant, qui ne la mettrait que davantage mal à l'aise. C'était peut-être grâce à son horrible et méprisant professeur de potion qu'elle n'avait plus peur des réponses hautaines, et agressives d'autrui. En effet, cet enseignant était particulièrement doué en cette matière, et la demoiselle se demandait, au vu de la réaction peu sympathique mais pourtant justifiée de l'étudiant en face d'elle, s'il n'était pas également un de ces affreux phénomènes.
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MessageSujet: Re: Un début à tâton Lun 25 Jan 2016 - 6:02


“Un début à tâton”


[Haha, plus jamais j’te promet que je répond les deux dans la soirée. xD j'trouve pas cette réponse top en plus, à cause de la fatigue. >< J'espère que ça te conviendra quand même !]

Peur et gêne se mêlèrent ensemble, offrant une gamine qui balbutia, sans arriver à prononcer un seul mot compréhensible aux oreilles de Krysten. Mais il s’en fichait. Il ne voulait pas lui parler, il vous être tranquille. Moui. Bon. Sauf que désormais, sans dessiner… Il s’ennuyait. Pourquoi ne pas continuer le dessin ? Parce que tout ça l’avait troublé. Aussi bien ce contact que ses propres réactions depuis l’arrivée de l’inconnue dans la pièce. Pourquoi était-il autant à cran ? Ah bah voilà, il avait trouvé quoi faire. Penser sur sa manière de faire et d’être depuis quelques temps. Penser à lui-même. Etre égoiste. Nombriliste. Etre seul. Mais la petite profiteuse de torse se mit à parler. Krysten tourna sa tête sur l’oreiller pour l’observer. Elle lui parlait ? Elle ne pouvait pas se taire et le laisser tranquille ? Des excuses. Krysten ferma les yeux devant une manière aussi nulle de commencer à lui parler. En fait, n’importe quelle sorte d’introduction aurait créé le même sentiment d’agacement chez le mutant. Mais la pensée que son propre réaction avait pu être abusive lui traversa l’esprit. Elle n’avait pas l’air banal. Lui répondre simplement et purement n’entrainerait pas forcément une suite à cette discussion.

« C’est rien. Tu m’as juste surpris. »

Voilà Il avait parlé. Sans sourire, sans sympathie, mais il lui avait répondu. Il espérait juste désormais qu’ils n’aient plus à revenir dans la réalité, il avait bien trop de choses auxquelles penser. Mais que voulez-vous, le destin ne semblait pas décidé à laisser le mutant tranquille. Car en moins de trente secondes, la porte de l’infirmerie s’ouvrit, laissant rentrer la même dame qui avait si bien accueillit Krysten. Et elle semblait réserver le même accueil à sa nouvelle patiente.

« Lydia. Ta supérieure m’a dit que tu avais fait l’idiote avec une potion et que tu ne voyais plus rien ? Tu crois réellement que l’institut peut se permettre de perdre du personnel ? Et tes cours alors ? Apprend à être plus dégourdie, ça fera souffler un peu tout le monde.  M’enfin. Au moins Monsieur Collins aura eu la chance d’avoir une charmante compagnie. »

Mais… C’était pas possible, c’était la journée officielle des casses bonbons ? Entre l’une qui touchait Krysten –certes par mégarde- et l’autre qui pensait qu’avoir la compagnie d’une gamine aveugle et maladroite était une "bonne compagnie", il était servi. Mais ce ne fut pas ça qui énerva le plus le mutant. Ce fut ses premiers commentaires. Alors comme ça, cette petite brune avait touché à une potion et était devenue aveugle ?

« Manque de personnel ou non, il ne me semble pas que votre hiérarchie vous permette de faire une quelconque remarque à une autre employée. Vous êtes employée pour vous occuper des personnes qui ont un souci de santé. Non pour faire la morale ou pour aller vous promener à gauche et à droite. » dit-il en lançant un regard dans la direction des mains de l’infirmiere qui tenait un café chaud.

« Monsieurs Collins, vous-

« -Krysten. Et la petite vous attend. Plus tôt vous vous en seriez occupé et plus vite elle continuera son boulot. » Prononça-t-il les dents serrés, toujours allongé, se frottant les yeux, agacé.

« C’vous qui retardez tout dans cette histoire. »

L’infirmière poussa une sorte d’exclamation grognon. Parfait, elle était la personne parfaite pour prendre la mauvaise humeur de Krysten, contrairement à la dénommée Lydia qui, à part sa maladresse, n’avait pas fait grand-chose de mal. La plus vieille avait délibérément laissée son poste pour une urgence qui apparemment, s’était finie en salle des professeurs. De plus, elle obligeait le mutant a rester dans un endroit aussi blanc que son ancienne chambre d’hopital. Il détestait ce genre d’ambiance. Plus il serait détestable et plus vite elle éjecterait son nouvel élève. Et moins vite elle le convoquerait pour une nouvelle visite. Sauf que, au lieu de dégager le malotru, l’infirmière décida de l’écouter et de s’occuper de Lydia… en ignorant l’homme derrière lui. Theoriquement, qu’est-ce qui le retenait, mis à part les papiers ? Fatigué par tant d’interrogations, il laissa sa joue droite sur le coussin, observant la blouse blanche faire son travail en manipulait la brune.



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MessageSujet: Re: Un début à tâton Mar 26 Jan 2016 - 0:28



[ Mais oui ça me convient, ne t'en fais pas ! Razz Désolée pour le mien, je l'ai écrit tard (oui 00:28 c'est tard quand on a cours le lendemain ! è.é) du coup je ne l'ai pas relu. Q.Q Mais je voulais vraiment te répondre cette nuit ! ]

En fin de compte, il semblait que même les quelques mots de Lydia étaient de trop. Pourtant, il s'agissait d'excuses, ce qui lui semblait le minimum au vue de la situation embarrassante qu'ils venaient de vivre. Mais rien n'y faisait, cet homme semblait réellement de nature très froide et distante. Sans vue, la jeune femme était pleine de frustrations de ne pouvoir essayer de décrypter son visage, même si elle devait y lire du mépris ou de l'agacement. Il s'agissait au moins d'indices sur le personnage. Quoiqu'en ce moment-même, après qu'il lui aie vaguement répondu dans le but de la faire taire -c'était comme ça qu'elle interpréta ses paroles-, la sorcière n'était plus sûre de vouloir le regarder. Par ailleurs, elle espérait que son regard vide ne soit pas diriger vers sa petite personne. Les maladresses, elle semblait les collectionner aujourd'hui, et si cela la mettait déjà assez de mauvaise humeur, il fallait rajouter à cet état un compagnon de pièce désagréable. Elle ne souhaitait pas non plus avoir une conversation, mais il aurait peut-être pu faire un effort pour détendre l'ambiance. En soit, le fait qu'il ne se taise pas était une bonne chose, cela dit c'était bien le minimum. Tant pis, de toute façon elle ne pensait pas revoir un si froid personnage. "Revoir"... C'était amusant de constater comment la langue elle-même se moquait de sa situation. N'aspirant apparemment pas de sympathie à l'inconnu, Lydia, inclinant le visage vers le sol pour être certaine de ne pas croiser le physique -par accident- du garçon. Elle resta dans le silence un moment, mais cela ne fut que de courte durée. La porte s'ouvrit, et attirée par le bruit la demoiselle leva la tête pour l'orienter vers l'objet en mouvement. Sûrement l'infirmière, enfin !
Rassurée par sa présence, l'étudiante ne garda pas bien longtemps sa mine soulagée, car bien vite, une nouvelle fois dans la journée, elle dut endurer la mauvaise humeur d'autrui. D'abord sa collègue, ensuite l'inconnu, puis enfin l’infirmière. Elle ne pouvait pas vraiment rétorquer, puisque dans les trois cas, elle se disait mériter cela. En effet, sa maladresse et sa curiosité furent la cause à chaque fois. Si seul un mutisme lui servait de réponse, elle n'en ressentais pas moins de colère à son tour. Disons qu'elle savait encaisser, mais les reproches n'étaient pas pour autant une partie de plaisir à écouter. De plus en ce moment, il lui semblait que son pouvoir demeurait plus sensible à ses émotions. Ou bien c'était juste elle qui se montrait plus susceptible. Mais à la moindre monté d'agacement, ou de gêne, ou d'un quelconque autre sentiment, Lydia se retrouvait entièrement électrique. Ne le sentant pas, c'était un fait qu'elle avait remarqué en buvant. Puisque l'eau et son don ne faisait pas bon ménage, la rencontre de l'un avec l'autre avait créé une blessure sur sa lèvre -étant donné qu'elle souhaitait boire à ce moment-là-. Elle se demandait si ce n'était pas le manque de sommeil, additionné à son acharnement au travail, et à sa capacité à garder pour elle qui commençait à faire gros. Quoiqu'il en soit en ce moment-même, la sorcière était à deux doigts de perdre tout corps pour n'être qu'un fil bleuté d'électricité.
A sa grande surprise, elle n'eut pas besoin de rétorquer -ce qu'elle n'aurait pas fait de toute façon-, puisque le deuxième désagréable personnage de la journée, donc le garçon, prit parole et assomma de reproche la salarié. La jeune femme était dubitative quant aux motivations de ce-dernier, était-ce dans le simple but de chercher l'embrouille, de se défouler, ou voulait-il sincèrement réparer une injustice -le terme était hyperbolique, mais peu lui importait-. La colère de l'un contre celle de l'autre mettait davantage mal à l'aise l'aveugle qui se sentit encore une fois coupable de cette scène. La discussion s'acheva par un gémissement colérique de la femme, qui prit enfin en compte le cas de Lydia.  
Des bruits précédèrent son approche, elle semblait avoir, pris, préparé, ou posé quelque chose, en tout cas il y avait eu manipulation d'instrument(s). Pouvant sentir une présence se rapprocher, la demoiselle se rendait de plus en plus compte à quel point il était perturbant et même stressant de sentir quelqu'un, sans pouvoir prédire et se préparer à un futur contact. Heureusement, quelques indications lui fut donner.

- Bon. Commença-t-elle avec une impatience qu'elle ne cachait pas. L'enseignant qui faisait cours dans la salle a été mis au courant d'après tes collègues, il devrait lister les composants de la potion, et y trouver un remède dans le cas où mes soins ne marcheraient pas. Ces paroles ne causèrent qu'une légère grimace chez la jeune femme, bien, c'était rassurant. Mais, si cela pouvait aider à aller plus vite "dans le cas où [ses] soins ne marcheraient pas", Lydia était prête à aider.

- Je me souviens de plusieurs ingrédients si vous voulez. Proposa-t-elle se remémorant le chaudron. Peu motivée par son aide, elle n'eut pas de réponde de l'infirmière qui après avoir ausculté ses yeux -du moins, c'est ce qu'elle imaginait, étant donné qu'elle ne pouvait pas la voir-, l'adulte continua ses magouilles en s'éloignant avant de revenir vers la sorcière. Plus un mot ne fut prononcé le temps du traitement. Lydia put sentir quelques gouttes rentrer dans ses yeux à l'aide d'une pipette, cela fut totalement indolore. Puis après être allée au robinet, -sûrement pour nettoyer les ustensiles ou ses mains-, l'adulte retourna auprès de la jeune femme et d'un ton sérieux repris parole.

- Si tes pupilles réagissent c'est bon signe, ça voudrait dire que la lotion suffit à réparer ta vue. Bien sûr, ça prendra plus ou moins de temps selon la dose de potion que tu as reçu, ou encore la façon dont ton corps réagit. Il y a très peu de chance que ça se compte en heure, prépare toi davantage à une guérison progressive qui prendra entre deux et une semaine. Deux semaines si tu n'es pas assidue dans le traitement. Tu n'auras que ses gouttes à mettre le matin et le soir, c'est pas sorcier. Bref, dans le cas où ça ne fonctionnera pas... Nous te tiendrons au courant de ce qu'en pense l'enseignant. Allez, on a assez entendu fait voir ça !

Afin de regarder le résultat, l’infirmière attrapa le menton de Lydia pour le relever un peu et regarder de plus près ses yeux. Néanmoins, à peine eut-elle touché sa peau, qu'une décharge électrique la parcouru, la faisant ainsi reculer d'un bond tandis que l'étudiante sursauta. Puisqu'elle c'était calmée jusque là, le courant ne fut pas aussi chargé qu'il l'était au commencement, mais encore assez pour faire lâcher une vulgarité à la femme qui secouait sa main. De nouveau très mal à l'aise, la fautive s'excusa. Cette journée n'allait-elle jamais s'améliorer...
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MessageSujet: Re: Un début à tâton Mer 27 Jan 2016 - 23:47


“Un début à tâton”


L’altercation entre l’infirmière et Krysten terminée, ce dernier ne se gêna pas pour observer les deux femmes ensemble. La plus vieille ne se gêna pas pour montrer sa mauvaise humeur à la plus jeune, mais bon. Krysten ne comptait plus s’immiscer entre les deux. Le temps passa, tout comme de nombreux mots. Quelques uns de la part de Lydia, beaucoup trop de la part de l’employée. Bon, en fait, tout cela devenait lassant. Krysten poussa un soupir d’ennui et reporta son regard sur le plafond blanc. Oui, il voulait partir et voulait le faire savoir. Mais le flot de mots qui s’échappaient de la bouche de la mégère ne cessait pas. Elle l’ignora complètement, de manière voulue ou non, qui pouvait savoir ? Mais le destin sembla se venger de cet affront, car peu de secondes plus tard, l’infirmière sauta, laissant échapper un cri de surprise mêlé à de la douleur. Le mutant sursauta, observant les deux jeunes femmes. Que s’était-il passé ? Lydia s’excusa de quelque chose de manière faible. Et bientôt, les yeux du multi-élémentaliste se posèrent sur la cause de tout cela. Des étincelles crépitaient tout autour de Lydia, menaçant quiconque voudrait rentrer en contact avec elle.

« Non mais c’est pas possible. A quoi ça sert d’être dans cet institut si vous n’apprenez pas à manipuler vos pouvoirs ?! » commença à dire l’infirmière, énervée, gardant une distance de sécurité face à son élève. « Il va falloir controler tes pouvoirs, on ne va pas y mettre la journée pour quelques gouttes ! »

« Donnez-moi ça. »

L’infirmière fronça les sourcils et vira son regard sur Krysten qui était debout, la main tendue. Elle ne lui avait plus du tout prêté attention et ne s’attendait pas vraiment à tout cela. Observant sa main durant quelques secondes, comme si lui aussi allait lui balancer une décharge, elle finit par lâcher la dosette entre ses doigts. Il en avait eu marre. D’attendre. D’entendre geindre la vieille femme. Puis de l’autre côté… Même s’il se fichait bien de cette jeune fille, il avait de la pitié pour sa situation. Et il en avait aussi marre de faire le nudiste et d’attendre pour rien. Plus vite ils en auraient fini avec cette Lydia, et plus vite il pourrait lui-même rejoindre sa chambre. Chambre temporaire, car dans l’après-midi, le Collins allait signer des papiers pour sa future maison. Pivotant sur lui-même, Krysten finit par s’adresser à Lydia d’une voix plus agréable que précédemment. Ca n’était toujours pas avec une extrême douceur, mais au moins, il fit un effort. Avant même de toucher Lydia, il l’a prévenu.

« Penche la tête en arrière. »

Se plaçant face à elle, Krysten écarta les quelques cheveux qui se baladaient sur le visage. Contrairement à sa manière de parler, chacun des gestes qui suivirent furent d’une extrême douceur. Il était habitué à ce genre de premiers soins, travaillant à la SPA. Et ce genre de boulot, avec des animaux aux caractères inconnus, devait être effectué avec la plus grande douceur et prudence. Là, c’était à peu près la même chose. Sauf qu’il savait pertinemment qu’il n’y avait pas de quoi être prudent, juste doux, face à un traitement peu agréable pour une aussi douce créature.

Son index et son pouce vinrent délicatement écarter les paupières, appuyant sur le petit flacon de gouttes pour que le liquide sorte. Il y alla, sans peur. Controlant lui-même l’electricité –un de ses meilleurs éléments-, il ne reçut rien du tout. Au contraire. Face aux contacts entre les deux élémentalistes, des petites étincelles s’échangeaient agréablement, offrant quelques chatouillis légers à Krysten, qui découvrait ça pour la première fois. Il n’avait jamais croisé un autre mutant controlant l’electricité. Cette réaction physique était… Captivante et pédagogique. C’était même… Amusant. Les commissures de ses lèvres s’étirèrent doucement.

La premiere goutte tomba… Sur la joue. Il était dur de viser. Séchant la larme avec une lingette qui était justement préparée pour ça, Krysten recommença et atteignit sa cible. Ajoutant une seconde goutte, il tendit une lingette vers la main de la jeune fille, qu’il frola avec.

« Pour essuyer ce qui va couler. Je fais le deuxième. […] Essaye d’ouvrir plus ton œil. »

Sous la scène, l’infirmière restait bête. Elle ne connaissait pas les pouvoirs de Krysten et ne pensa pas que les deux pouvaient partager le même pouvoir. Le mutant exécuta l’action sur le second œil, l’atteignant du premier coup cette fois. Doublant encore la goutte, il essuya à nouveau la joue de la brune, avant de poser tout le matériel sur la table de chevet.

« Hop là, fini. Autre chose à faire ? »
« N-non. »
« Vous pouvez en finir avec moi maintenant ? »
« J’ai fini depuis tout à l’heure… »
« … Ok. »

Aucun commentaire ? Krysten n’en fit aucun. Sinon il allait s’énerver et non. S’emparant de son tee-shirt, il se rhabilla et remit ses chaussures. Se dirigeant vers le bureau, ses doigts recuperèrent les feuilles à remplir et..

« Un instant. Puisque le feeling passe si bien entre vous, ramenez Lydia dans sa chambre. »

Quoi ? Pardon ? Krysten se retourna vers les deux jeunes femmes. Sérieusement ? Elle ne lui avait pas fait perdre assez de temps, elle ne l’avait pas assez énervé ? Elle se permettait encore d’en rajouter ?


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MessageSujet: Re: Un début à tâton Jeu 28 Jan 2016 - 22:42


Il ne fallait pas être un génie pour sentir toutes les tentions qui demeuraient à l'infirmerie. C'était un cercle vicieux qui se construisait au fur et à mesure, tandis que la femme s'énervait contre Lydia et son pouvoir, ce-dernier se manifestait davantage, et donc la colère de la salarié grandissait, puis ainsi de suite. A côté, il y avait l'homme, qui sans doute assistait à la scène avec une lassitude démesurée et sûrement beaucoup d'impatience. Toutes ces mauvaises ondes ne rendaient pas plus tranquille l'électromaster qui angoissait un peu plus à chaque seconde passées dans cette ambiance oppressante.
Une nouvelle fois, elle affronta les reproches d'un adulte, visant son manque de maîtrise de son pouvoir secondaire. Oui, elle aussi était en colère... Elle n'en avait jamais voulu de celui-là, et si elle pouvait s'en débarrasser ce serait tout aussi bien. Depuis qu'il avait grandi en elle, qu'il devenait plus imposant, chaque jour il se montrait un peu plus, et donc chaque jour il devenait pénible de s'en accommoder. Avec le temps, la demoiselle devenait à bout de force, ou peut-être que c'était sa foudre qui prenait encore en puissance. Mais elle était fatiguée. Fatiguée de tout. L'institut en lui-même n'avait été qu'un boulet en plus dans sa vie. Loin de sa famille, loin de chez elle et de son milieu, elle devait évoluer dans un endroit qui ne lui plaisait plus. Si à son arrivée un certain enthousiasme s'était fait ressentir, celui-ci était parti depuis un moment. Certes, elle avait appris, elle possédait un plus vaste rayons de connaissances sur les potions et incantations, elle savait à présent localiser avec davantage de précision, mais à quel prix ? Sa plus proche amie ici l'avait attaquée, sa cheville portait encore la brûlure de sa glace ; elle se tuait à la tâche avec des personnes hypocrites pour un maigre salaire, et ce qui était donc sa seule source de revenue allait peut-être s'évaporer d'ici peu suite aux événements ; elle avait du affronter la mort dans un cimetière à cause d'un sort qui avait mal tourné, lui valant un traumatisme et des terreurs nocturnes qu'elle faisait disparaître à coup de magie pour ne pas risquer d'en parler ; son professeur de potion, l'une de ses matières principales, était un homme sadique et méprisable ; son électricité devenait de plus en plus imposante, et tout ce qu'elle souhaitait alors, c'était rentrer chez elle, et se faire brider ses pouvoirs une bonne fois pour toute. Oui, Lydia commençait à saturer, et à remettre en question sa place dans l'établissement. C'était toute cette atmosphère chargée de mauvaises humeur qui lui faisait rappeler chaque détail de son quotidien désagréable, les bons se faisaient oublier. Présentement, elle n'arrivait plus à relativiser et se montrer aussi joyeuse et optimiste qu'à ses débuts. Les critiques arrivaient en masse, et sa maladresse ne faisait que les multiplier. Elle devrait assommer d'excuses tellement de personne, que cela en devenait soûlant pour elles. Demander pardon, c'était un peu les seules choses qu'elle savait faire depuis quelques temps.
Elle avait fermé son ouïe, plongeant son regard dans un vide, le laissant partir sur on-ne-sait-quoi, de toute façon seul l'obscurité lui était visible. La demoiselle s'était totalement déconnectée. Une petite pause. Elle se sentit égoïste d'agir ainsi, ne le méritant pas d'après elle. Mais ce qu'elle souhaitait vraiment, là tout de suite, c'était exploser. Lâcher prise et laisser son électricité faire son travail, détruire ou blesser, peu importe. Juste se laisser aller, un instant, souffler pour pouvoir mieux reprendre par la suite. La sorcière se voyait déjà au milieu d'une pièce complètement détruite. De plus en plus, elle se décontractait, laissant les grésillement de ses fils bleutés l'entourer, orner tout son corps et se transmettre dans la pièce, lentement, faiblement. Cela faisait du bien, une certaine sensation de liberté. Ce n'était pas quelque chose de très conséquent pour le moment, il lui fallait y aller progressivement : se décoincer après tant d'années de contrôle n'était pas facile, c'était comme un rêve qui pouvait coûter des vies.
Penche la tête en arrière. Entendit-elle sans vraiment écouter. Ce fut vraiment quand elle sentit les doigts d'une personne pousser ses cheveux qu'elle revenue à sa réalité en un petit sursaut. On la touchait ? A vrai dire, cela faisait un moment qu'elle n'avait pas senti de contact humain, la plupart du temps, elle n'osait pas approcher les gens à cause de son pouvoir, et le désir était partagé.
Se mettant à réagir aux paroles, elle pencha la tête en arrière et se resitua dans l'espace spatio-temporelle. Oui c'est vrai, les gouttes. Elle reconnut par la suite l'inconnu, ou du moins sa voix, mais ses gestes étaient ben plus doux que son ton. A vrai dire, elle fut très vite totalement apaisée, mais cette fois-ci pas dans le laisser aller, c'était tout son pouvoir qui se calmait, puis s'éteignait, progressivement. Laissant de légères sensations de chatouillements aux endroits où il posait ses doigts.
Exécutant chacune de ses recommandations, ils eurent très vite terminé le traitement, enfin, le premier. Mais par la suite, la demoiselle devrait se débrouiller pour réussir à les mettre seule.
Lydia entendit les deux personnes discuter, et alors qu'elle descendit de sa position assise sur le lit, l'infirmière désigna le supposé autre electromaster comme volontaire pour la raccompagner. Il lui semblait qu'il avait déjà prononcé son prénom plus tôt dans sa visite médicale. Énervée, elle avait eu du mal à se concentrer sur cette information, mais à présent connaître un peu de son identité l’intéressait.
Bon, quoiqu'il en soit, cette demande n'allait sûrement pas lui faire plaisir, et la jeune femme fit une grimace. Il allait s'énerver, elle aussi, et ça repartirait. Non pas la peine ; maintenant, elle baignait de nouveau dans la douceur, et était décidée à empêcher tout parasite de lui retirer un de ses rares moments de sérénité, même si c'était par celui qui lui avait permis d'être ainsi. De toute façon, c'était gênant de se faire raccompagner par un inconnu... Krysten ! Oui, c'était ça, elle en était sûre à présent, il avait repris la salarié lorsqu'elle l'avait appelé par son nom de famille.
Avant qu'il ne refuse, ou dans le cas où il accepterait par contrainte l'ordre maquillé de l'infirmière, Lydia s'empressa de prendre parole.

- Non ne vous inquiétez pas ! Donnez moi le traitement, et une canne, et ça ira !

La femme s'approcha et commença par lui donner les pipettes neuves pour lui permettre de poursuivre le traitement.

- Nous n'avons pas de canne... Commença-t-elle. Peut-être une béquille. Elle chercha. Mmh... Non plus.

Une nouvelle fois, la sorcière fit la moue, elle n'allait pas baisser les bras, il lui était hors de question de déranger une nouvelle fois Krysten. De toute façon elle avait des mains, elle saurait s'en sortir.

- Ca ira, ça ira. Au revoir, et merci ! Prononça-t-elle précipitamment avant de trouver la sortie s'aidant de sa mémoire, et positionnant les mains devant elle. Ouvrant la porte, elle la claqua tout aussi rapidement derrière elle, il ne fallut pas quelques secondes avant d'entendre un bruit de choc, et un gémissement blasée de Lydia... par terre.

L'infirmière regarda son autre patient, comme si elle venait de prendre sa revanche sur son attitude un peu trop insolente à son goût.

- Tu sais ce qu'il te reste à faire. Lui lança-t-elle se servant en quelque sorte de l'aveugle comme d'une punition. C'était un deux en un, car il y avait cela d'une part, mais d'une autre, -surtout- il aiderait l'handicapée que la demoiselle était.
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MessageSujet: Re: Un début à tâton Lun 1 Fév 2016 - 1:24


“Un début à tâton”


Alors que l’infirmière et Krysten semblaient être dans une sorte de duel visuel, ne lachant pas le regard l’un de l’autre, la voix de Lydia les interrompit. Aussitôt, les deux se lâchèrent et posèrent ensemble leur regard sur la brune. Elle semblait être ce traité de paix que ni le mutant ni l’infirmière ne semblait vouloir proposer. L’infirmière sauta sur l’occasion, donnant le traitement adéquate comme seul soutien au mal de l’élève. Pas de canne ni de béquille. L’accidentée finit par s’en aller avec autant de moyens qu’à son arrivée : avec ses mains. C’est avec une certaine rapidité qu’elle les utilisa pour disparaitre de la pièce… Et c’est avec tout autant de rapidité que les 4 oreilles encore présentes à l’infirmerie entendirent un gémissement peu après un boum. Les yeux de Krysten roulèrent vers le plafond, excédé aussi bien par cette jeune fille peu douée, que par l’autre membre du personnel qui ne put s’empêcher d’ajouter une remarque. C’est en replaçant son carnet et son fusain dans sa poche arrière que le mutant sortit de cet enfer, refermant doucement la porte.

Lydia, anciennement étendue à terre, était en train de se relever doucement. La cause de sa chute ? Une bête marche que beaucoup aurait l’occasion de louper, s’ils se trouvaient tout aussi aveugle que la malchanceuse du jour. Observant rapidement si aucune tache rouge n’était présente, Krysten contourna la silhouette et se positionna devant elle. L’une de ses mains entra en contact avec le poignet de la malheureuse. C’était la 2eme fois que Krysten tenait son poignet, mais cette situation était différente de la première fois.

« Appuie-toi sur moi. »

L’aidant à se relever en la tirant doucement, Krysten rompit le contact observant le corps de la jeune étudiante dans sa totalité.

« Ton pantalon est troué au niveau des genoux. Tu saignes un peu mais je pense que ça ira. » annonça le trentenaire, jouant les yeux de la brune. « Je vais te raccompagner, ça sera mieux pour tout le monde. » Pliant son bras, il le tendit à l’aveugle, avant de la prévenir, posant l’une des mains féminines sur ce support. Un nouveau frisson le parcourut face à la différence de température entre les deux peaux. Prévenant du départ, Krysten commença à marcher, attendant légèrement, avant d’être imité par la jeune fille. Il était bizarre comme l’électricité semblait s’amuser de ce contact entre ces deux corps chargés d’énergie. Si une légère baisse d’énergie et de motivations s’était emparée de Krysten il y a peu de temps, le fait de toucher une autre electromaster semblait… Le revigorer. Remplir la batterie imaginaire. Les légers chatouillis étaient encore présents, toujours aussi plaisants.

Cette réaction, en plus de redonner un peu plus de peps à Krysten, le fit se perdre dans ses pensées. Si bien que les deux avaient commencé à se diriger vers les escaliers pour se rendre à l’étage, sans que le guide ne ce renseigne sur la destination. Il ne savait même pas si le silence était vraiment présent depuis le début ou si c’était l’absence de réponse de Krysten à des paroles de Lydia qui avait entrainé ce manque de discussion.

« Le numéro de ta chambre ? »

Ca y est, il avait finit par dégager cette troisième présence, ne laissant que les deux étudiants ensembles, marchant seuls à travers le couloir. Ralentissant le pas, Krysten avança sa main gauche –la libre- pour pousser la porte menant aux escaliers. Laissant glisser la porte derrière eux, la voix du mutant se refit entendre :

« Tu as une barre à ta droite. Aide-toi d’elle en plus de mon bras, ça sera plus facile pour te rattraper si tu loupes une marche. Attention à la première marche.»



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MessageSujet: Re: Un début à tâton Mar 2 Fév 2016 - 20:19


Sa chute fut comme un mot de fin, la phrase finale qui concluait une affaire et mettait tout le monde d'accord : Lydia ne pouvait rentrer seule. Se redressant plutôt énervée, elle s'en voulait de paraître aussi idiote auprès de deux personnes qu'elle ne connaissait pas. Le paraître n'avait jamais eu une place primordiale dans son esprit, mais elle s'en souciait tout de même. Entre autre, il y avait des limites, et toutes ces erreurs depuis peu les dépassaient. Il était clair qu'elle avait enchaîné les fautes depuis peu, devenait aux yeux des autres une bonne à rien, proche de la bêtise humaine. Secouant la tête, elle voulait croire que c'en était fini avec ça.
Elle put sentir un courant d'air caresser son genoux, et quelques picotements. Génial. Elle pouvait également percevoir une approche, des pas se rapprochant, favorisant la colère de l'infirmière, à la gêne face à Krysten, auprès de qui elle prenait la place d'un boulet. Malheureusement, ce fut lui qui fit entendre sa voix, ainsi la femme avait réussi à le contraindre de rester. Le pauvre... Bien sûr, elle se sentait coupable. Bientôt, sa présence se concrétisa pas un toucher, il lui prit le poignet et lui demanda de s'appuyer contre lui, ce qu'elle fit sans rétorquer. Pour lui, il valait mieux que cette histoire se passe vite, sans la ralentir en tenant tête.
Elle arriva alors enfin sur ses pieds, jambes tendues, tandis qu'il lui fit part de ce qu'il avait examiné, devenant ses yeux. Comme elle l'avait deviné, son pantalon avait un présent un trou, et sa peau saignait. Tant pis, elle se souvenait bien l'aimer, ce vêtement. Lui proposant de la raccompagner, elle pensa plutôt que d'une manière ou d'une autre, la salarié s'était montrée persuasive. Son absence de refus, fut sa manière d'accepter, et bientôt elle se retrouva à le tenir, pour avancer ensemble jusqu'au dortoir.
Un mutisme avait traversé les lieux avec eux, mais peu importe, Lydia ne le remarquait même pas. A vrai dire, son esprit était concentré sur ses sensations étranges qu'elle ressentait, et sûrement était partagées. Il était clair que cet homme contrôlait également l'électricité, sinon il n'aurait pas pu la toucher, ou alors il avait une sorte d'imperméabilité à la magie, ce qui lui renvoyait ses propres pouvoirs... Mais bon, la seconde hypothèse était davantage tirée par les cheveux.
Chatouillant, caressant, c'était comme pouvoir sentir ses petits courants électriques la traverser, et en devenir plus sensible. L'étudiante pouvait constater que son corps lui-même en ressentait les bienfaits. Jamais auparavant, elle n'avait croiser un autre electromaster, et ce n'était pas l'envie qui lui manquait. En effet, elle songeait souvent que ce serait plus simple de s'entraîner à deux, afin qu'elle puisse contrôler son pouvoir. A ce jour pourtant, elle n'était plus sûre de vouloir le garder.
Se laissant transporter par la cadence de Krysten, hésitant au début le pas, puis prise de confiance, celui-ci brisa le silence, lui demandant le numéro de sa chambre.

- Chambre une. Lui répondit-elle simplement.

Enfin, elle put sentir par une différence de chaleur, et par le grincement d'une porte, qu'ils arrivaient à destination. Ses souvenirs lui rappelaient des escaliers, dont elle n'avait vraiment pas l'envie de gravir. Mais elle ne pouvait pas rester planter là non plus. Lui faisant les descriptions du lieu, la sorcière attrapa la barre, et eut ainsi deux points d'appuis. Attentive aux obstacles, elle remercia l'homme puis grimpa les marches unes par unes avec la plus grande attention.
Sans difficulté pour le reste du chemin qui se ressemblait dans les geste à répéter, les deux electromasters arrivèrent presque en haut, tandis que la demoiselle tâtait une dernière fois l'ultime barrière avec le pied pour s'assurer de perpétuer ces minutes sans encombre, bientôt, ce serait son record.
Mais voilà, tandis qu'elle regardait son but se rapprocher, elle lâcha la barre pour une marche finale... Raté. Son pied glissa sur le rebord, la faisant chuter si proche de son objectif.
Son corps s'écrasant tout en prenant, avec une vitesse plus élevée que l'allée, le chemin du retour, elle avait tenté de lâcher Krysten avant de le faire tomber avec elle. Se retrouvant quelques mètres plus bas, la maladroite grogna, un peu plus cabossée qu'avant.
Non, décidément, cette journée était horrible. Game over, record non-atteint.

- Noooon, mais c'est pas vrai. Lança-t-elle comme un gémissement de désespoir.

Elle souffla un bon coup, totalement submergée par toutes ces choses, même minimes, mais qui en s'entassant avec les précédentes prenaient trop d'ampleur. C'était dans ce genre de détresse que le jeune sorcière se rendait compte à quelle point sa vue lui était primordiale, après, cela était sûrement une simple question d'habitude, or voilà, cette routine, elle ne l'avait pas prise. C'était bien ce qui lui causait autant de soucis.  
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MessageSujet: Re: Un début à tâton Lun 22 Fév 2016 - 14:53


“Un début à tâton”


Krysten crut que la malchance avait enfin quitté Lydia, car celle-ci monta les escaliers, certes avec quelques doutes, mais les gravit quand même. Le mutant relâcha la pression et son attention sur l’emprise qu’il avait sur elle, lors de la dernière marcha. Et ce qui ne devait pas arriver arriva : Lydia manqua la dernière marche et entraina Krysten avec. Même si le contact fut rompu entre les deux corps, ils dévalèrent la même route, à quelques secondes près. Ce fut Lydia qui arriva la première tout en bas. Rejointe de près par le trentenaire. Les deux ralèrent. La première pour sa maladresse, le second, pour… la même chose. Mais il râla plus silencieusement, ne lâchant qu’un énorme soupir pouvant atteindre les oreilles de la demoiselle. Se relevant, il grimaça, se massant les zones endolories. Il en avait marre. Plus que marre de cette gamine. La mauvaise humeur était de retour.

« Pas trop d’mal .. ? » demanda quand même le mutant, qui se frottait les paupières, tentant de ne pas se laisser abattre par cette journée bien mal commencée. Ses doigts s’occupèrent de ramasser les quelques affaires éparpillées dans l’escalier, grimpant quelques marches. Rejoignant la brune, Krysten s’empressa d’annoncer juste avant d’accomplir l’action dite :

« J’vais te porter, ça ira plus vite. »

S’agenouillant, Krysten passa son bras droit sous les genoux de Lydia, tandis que son autre bras se positionnant sous son dos. Décomptant dans sa tête, le mutant se releva, entrainant avec dans ses bras la sorcière. Et malgré la perte de force physique qu’il avait connu suite à son coma, la porter fut assez facile. Elle était bien légère malgré sa grande taille pour une fille. Cependant, il garda tout commentaire, ne lui demandant seulement que si tout allait bien pour elle. Grimpant les escaliers avec prudence, le duo finit par arriver en haut sans une égratignure supplémentaire. Mais ne la posant pas pour autant, Krysten donna un léger coup d’épaule dans la porte qui séparait les escaliers du couloir des chambres, afin de l’ouvrir. Continuant son chemin quelques instants, ce fut la première porte qu’il croisa qui fut la bonne.

« Chambre n°1 » annonça le mutant avant de déposer la silhouette féminine délicatement, faisant attention à ce que les pieds de Lydia touchent le sol et assurent un certain équilibre. Les chutes avaient été trop nombreuses pour Krysten, quand serait-il pour la brune alors ? Il se promit de l’abandonner même si elle chutait à nouveau entre l’endroit ou il l’avait déposé et sa chambre. Quelques mètres. Il ne devrait rien arriver non ? S’emparant du poignet féminin, Krysten lui introduit le produit pour sa vue, lui faisant refermer la main dessus.

« Evite de casser le flacon, moins tu verras l’infirmière, mieux ça sera pour toi.  Essaye de ne pas te casser quelque chose non plus. Fais un effort, ta porte est à 50centimètres sur ta droite. Sois adroite quoi. » dit-il avant de lui tourner le dos et de retourner en direction des escaliers. S’éloigner de cette miss catastrophe serait la meilleure chose à faire de la journée pour le mutant qui n’avait qu’une envie : retourner dans son nid.



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MessageSujet: Re: Un début à tâton Lun 22 Fév 2016 - 16:08


La chute fut douloureuse, le corps fin de Lydia avait heurté plusieurs fois le bord des marches, parsemant sa peau de futures taches bleutée, la contraignant à subir plusieurs points de souffrance. Elle se retrouva alors plus bas, non loin de l'homme qu'elle avait poussé dans son glissement. Le pauvre allait être davantage de mauvaise humeur suite à cela. Quelle image renvoyait-elle de sa personne ?
L'étudiante eut vite pris un choc autre physique, attaquant également sa dignité. Totalement blasé, et ne le cachant guère -fidèle à ce qu'il eut montré de lui dès le début-, Krysten lâcha un soupire bruyant, ou du moins assez pour que ses oreilles le captent. Instantanément, la jeune femme devint entièrement rouge, n'osant plus dire autre chose que quelques petits mots, par-ci, par-là.
Par politesse, ou peut-être s'en souciait-il réellement (?), l'homme prit de ses nouvelles, lui demandant comment elle allait après pareille dégringolade.

- Ça va... Avait alors répondu la demoiselle.

Emprintant une technique plus directe, il annonca bientôt la porter, et avant même qu'elle eut donné son accord, son corps se fit soulever, tandis qu'elle imaginait sa position. Elle n'avait plus grand-chose à perdre maintenant, si la honte tuait, depuis bien longtemps elle serait morte.
Grimpèrent alors de nouveau les escaliers qui les avaient fait souffrir jusque-là, ils arrivèrent enfin tout en haut, sans aucun autre acte maladroit. Bien sûr, les joues de Lydia ne cessaient d'être colorées, mais elle préférait se taire plutôt que le déranger... encore.
Arrivés à destination, l'un comme l'autre semblaient fort soulagés, et bientôt la sorcière retrouva contact avec le sol. Encore une fois, elle pouvait sentir l'emplacement de chaque hématome à venir, lorsque son corps eut retrouvé l'équilibre. Elle prévoyait déjà un réveil douloureux le lendemain. La journée était encore loin d'être terminée, mais Lydia pensait déjà au prochain jour. Lassée par le déroulement des choses actuelles.
Le médicament passa de main en main, et bientôt ce fut donc la jeune femme qui le possédait. Celui-là était un peu sa porte de sortie, bien sûr qu'elle ne le casserait pas. Enfin... Il est vrai qu'après tout cela, une personne puisse douter de sa fiabilité. Elle en prendrait soin, même si un accident était vite arrivé? Comme l'homme l'eut dit plus tôt, plus loin de l'infirmière elle se porterait, mieux ce serait pour elle. Passant la porte, elle se retourna rapidement, entendant pourtant les pas déjà s'éloigner d'elle.

- Merci beaucoup ! Lança-t-elle plutôt fort pour s'assurer qu'il l'entende. Tant pis s'il décidait de ne pas répondre, au moins, le but était qu'il ait conscience de sa reconnaissance.

Refermant la porte derrière elle, tâtant les meubles de la main en espérant, cette fois, ne pas toucher un homme - ce qui était totalement impossible aux vues du lieu - la sorcière posa le flacon et s'assura qu'il ne tombe pas. Une fois cela accomplit, elle se laissa tomber sur son lit, fatiguée, et les membres douloureux. Le visage dans l'oreiller, à son tour, elle lâcha un long soupire en frappant son pauvre matelas innocent du poing.
Elle ne voulait plus revoir cet individu. Plus supportait la mauvaise humeur de l'infirmière. Cette journée, bien qu'inachevée, avait été un échec.
L'institut était grand, quelle malchance allait la frapper pour qu'elle recroise l'homme désagréable . Néanmoins, la jeune femme se sentait coupable d'être irritée par lui, étant donné qu'il avait tout de même pris la peine de la raccompagner jusqu'au bout, quand bien même il avait affronté lui-même quelques chutes. Elle se doutait bien qu'à l'heure actuelle il s'en foutait, l'aurait sûrement oublié après l'avoir traité une dernière fois de boulet dans sa tête... D'ailleurs à quoi ressemblait-elle, cette tête ?
Elle l'imaginait avec un nez crochu, comme les sorcières représentée dans les livres d'humains. Des oreilles décollées et grandes, à la manière de Dumbo. Bref, elle ne lui collait pas un physique gracieux. Tout simplement parce qu'elle ne voulait pas qu'un être aussi peu agréable puisse avoir la chance d'être bien fait, il ne méritait pas cela. Agitant ses pieds et ses bras une dernière fois sur le lit, en grognant comme une enfant, frappant son support, défaisant les draps au passage, Lydia finit par se calmer et se retourner afin de regarder le plafond. Pas de révision, pas de travail, plus de sorties. À peine commencé, son handicap l'obligeait à, trop tôt, mettre fin à sa journée. Ne rien faire, c'était horrible comme emploi du temps.
On entendait souvent parler des accidents du travail, heureux que cela ne nous arrive pas, mais plein de pitié pour les victimes en fonction du degré de la blessure. Ce matin encore, entre femmes de ménage, on commérait et évoquait le fait qu'une autre salarié avait ... été aveuglée.
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