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Avenue des Dragueurs Relous [Leigh Greensleaves]

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Félix Norton
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MessageSujet: Avenue des Dragueurs Relous [Leigh Greensleaves] Jeu 1 Juin 2017 - 20:43

Avenue des Dragueurs Relous

Félix Norton

Leigh Greensleaves

Lorsqu'il avait cherché un nouvel emplacement pour son shop, Félix s'était montré très minutieux. Il n'avait pas payé pour le premier local venu, le plus grand, ou le moins cher, non. Au contraire, il s'était plutôt appliqué à trouver une ville, un quartier, puis une rue stratégique. Zoomant toujours plus pour se retrouver en des lieux qui lui sembleraient convenables. Le lieu devait être assez grand pour contenir au minimum une pièce pour les tatouages, une pour les piercings, et un garage pour la suspension -il se plaisait à réaliser des bodmods plus poussés-. Son karma, merci à lui, lui permis de trouver plus merveilleux que toutes ses attentes. Quant au prix... ce n'était pas le facteur primordial. C'était un homme réfléchi, il ne se serait pas lancé dans un déménagement sans avoir prévu le double de ce qu'il aurait eu besoin en moyenne, et un plan B.
Malheureusement, la réflexion de ce tatoueur était rarement sans faille, aussi, quel soupire avait-il lâché lorsqu'il vu passer devant les vitres de sa boutique LE défaut. Celui dont il ne pouvait pas se douter, qu'il ne pouvait non plus neutralisé, et qu'il lui aurait été difficile d'appréhender : ces personnages qu'il ne portait pas dans son estime. Non, pas ces clients mineurs, indécis, simples d'esprit dont il savait gérer et même éviter la présence. Mais bien ces êtres, souvent masculins, qui de leur voix poussée -
dans le but d'être plus grave et plus imposante qu'à la normal - lâchaient des poétiques, des beaux, des merveilleux "Wesh t'es bonne !". Chanceux devait se montrer l'individu qui en recevait un, car il pouvait se vanter d'avoir su toucher en même pas un regard, non pas leur cerveau si peu à l’affût de connaissances, mais cette queue bien plus sollicitée - il pouvait le parier -. Oui, ce genre d'humain qui portait davantage la main sur leur pénis que sur le cœur passaient dans cette rue.

Au départ, leur présence restait rare, mais avec les beaux jours qui arrivaient et les tenues qui rétrécissaient, tout naturellement faut-il croire, ils se croyaient le droit de pouvoir quémander de l'attention un peu plus activement. C'était lassant. Mais il ne pouvait pas se permettre de déménager de nouveau. En soi, cela ne gênait pas plus que ça son business, la fil d'attente pour ses tatouages commençait de nouveau à se compter en mois, et ce en seulement quelques jours. Sa réputation ne l'avait pas lâché, elle avait emménagé avec lui, et c'était même installé dès lors que les magazines avaient anticipé son changement d'adresse. La seule chose que ces présences parasitaires embêtaient, c'était bien sa propre petite personne.

Félix venait de finir sa séance, retirant ses gants, il alla rejoindre le comptoir afin de donner les soins et les instructions nécessaires à une bonne cicatrisation. Ce dont il était certain en affichant son caractère froid, arrogant, était que ses client.e.s seraient motivé.e.s, et en vaudraient la peine. Avec une telle expérience, il pouvait se permettre de se montrer exigeant.
Serrant la main de ce client, il lui ouvrit la porte, le laissant sortir avant de le saluer comme un vieil ami. Ses yeux le regardaient s'éloigner puis finirent pas lâcher leur cible initiale pour se poser sur les alentours. Encore eux. Ces spécimens dont la présence demeurait dérangeante. Avaient-ils déjà réussi à séduire la personne convoitée ? Bien sûr pour eux, la chasse se montrait bien plus intéressante que la prise. Ils arrivaient à prouver l'une des théories de Blaise Pascal, cet homme dont Félix ne supportait pas le raisonnement. Au travail cependant, il n'avait la tête à presque rien. Ni un questionnement sur le sens profond de la vie ou sur l'existence de ces virus ne pouvaient le détacher de son boulot pour lequel il ferait tous les sacrifices.

Avant d'en voir assez pour rester agacé jusqu'à la fin de sa journée, le tatoueur rentra de nouveau dans son shop, fermant les yeux sur ces gens. Mais leurs phrases incessantes, irrespectueuses, qu'il ne pouvait pas supporter alors qu'il n'en était lui-même pas la destinataire, le poussèrent à ne pas refermer la porte, et à faire signe à la jeune fille embêtée de rentrer.
C'était de toute manière plus prudent pour elle. Il eut la nette impression de retirer leur proie à des lionnes affamées. Pitoyable.
A cause d'eux, Félix allait devoir tolérer une présence le temps que ces rapaces -ne parlons plus de lionnes, c'était bien trop élogieux-, ne lâchent ce qu'ils considéraient comme leur morceau de viande. Mais c'était un choix qu'il avait été libre de faire, il ne pouvait se donner le droit de s'en plaindre à présent.
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MessageSujet: Re: Avenue des Dragueurs Relous [Leigh Greensleaves] Ven 2 Juin 2017 - 22:14



 
Avenue des Dragueurs Relous




Elle était là depuis quelques mois déjà, mais elle ne s'aventurait pas souvent en dehors de sa zone de confort, entre l'université et son petit appartement étudiant. Elle avais poussé l'audace jusqu'au fameux institut Parker, mais elle restait toujours sur ses gardes. Elle n'était pas à même de se défendre, et simplement d'interagir "normalement" avec les gens qui vivaient à cette époque étrange qu'elle découvrait petit à petit, à la fois trop lentement et bien trop vite pour son petit coeur, malmené par tant de chocs successifs.

Justement, elle s'apprêtait à en recevoir un autre. Elle avait décidé d'explorer le quartier adjacent. Après tout, que risquait-elle à marcher dans la rue en toute innocence, de jour, dans une grande avenue où elle ne serait pas seule ? Aucun voleur à la tire ou coupe-jarret avec une once de bon sens n'opérerait ici.
Les environs avaient l'air plutôt respectables, même si elle avait un peu de mal à faire la différence entre les boutiques de luxe et celles qui n'étaient pas très scrupuleuse sur la qualité de leurs produits. Aucun vêtement sur mesure, mais des pans entiers de dentelles qui auraient coûté la vue à plusieurs dentellières. Des tissus d'un mauvais coton, filés avec plus de finesse qu'ils n'auraient pu le faire sur n'importe quel métier à tisser, même dans les grandes usines du Nord du Royaume-Uni. Des fruits provenant de l'autre bout du monde, mais qui avaient un goût fade quand on ne savait pas où s'approvisionner. Et les prix... Elle ne comprenait pas. Elle se contentait d'acheter le strict nécessaire avec l'argent de sa bourse, mettant tout de côté pour le jour où elle saisirait l'utilité et la valeur des instruments dans lesquels on lui proposait d'investir. Pourquoi débourser plus de 200$ pour une machine qui ne servait qu'à passer le temps en "jouant" et qui serait inutilisable dans cinq ans, d'après ses connaissances à la faculté ?
En revanche, le prix des éditions de livres actuels lui plaisaient beaucoup.

Elle songeait à ces mystères et à une solution pour les mettre au clair lorsque son regard croisa celui d'un des membres d'une bande de jeunes hommes adossés à un mur et perchés sur une rambarde. Pas besoin de connaître les moeurs actuelles pour décrypter leur attitude : désoeuvrés, ils cherchaient à s'occuper, de préférence à l'aide d'un sujet croustillant, idéalement d'une bagarre. En tant qu'individu de sexe féminin, elle ne pouvait clairement pas les aider pour ce faire, mais elle s'éloigna quand même de leur côté de la rue, car elle avait vu le garçon s'éveiller suite à leur échange de regard, et qu'il n'était pas convenable qu'une demoiselle respectable comme elle ait une conversation avec des personnes qu'elles soupçonnait d'être des fauteurs de troubles. Se déporter aurait dû suffire à leur indiquer clairement que leur intervention n'était pas souhaitée.
Mais apparemment, ils n'en avaient rien à carrer.

"Eh mad'moizelle !"

Impossible de les ignorer sans être malpolie. Elle se tourna vers l'homme qui lui avait adressé la parole, le même qu'elle avait commis l'erreur de regarder, et qui semblait être le meneur du groupe. Il n'attendit pas d'autre réaction avant de continuer :

"Tu connais la différence entre une Ferrari et une érection ?"

Elle fronça les sourcils. De quoi est-ce qu'il parlait ? Dans le doute, elle leva le menton, et lui expliqua d'un ton péremptoire :

"Je m'excuse, mais je n'ai pas le temps de converser avec vous. Bonne journée."

Elle allait se remettre à marcher lorsque l'étranger émit un long sifflement qui la figea sur place de surprise. Mais bon sang, qu'est-ce qu'il faisait ? Est-ce que c'était un code ? Comment était-elle sensée réagir ? Malheureusement, il reprit la parole avant qu'elle n'en arrive à la conclusion que la meilleure solution était de passer son chemin.

"Comment tu parles de la haute vazy ! C'est pas parce que t'as un joli petit cul qu'tu peux nous snober ! Moi j'pense que t'as besoin de te détendre. Hein ? T'as juste besoin d'une bonne baise. J'peux t'aider si tu veux !"

Avec un sourire moqueur, il sauta de son perchoir sur la balustrade et s'avança vers elle.
Pour être parfaitement honnête, elle n'avait pas tout compris à ce qu'il racontait. Mais elle n'était pas idiote et elle saisissait suffisamment la teneur générale du message pour faire quelques pas en arrière, incapable de trouver quoi lui répondre à part un simple :

"... Non..."

"Aller, fais pas ta pute. T'as déjà sucé une bite ?"

"..."

Ses compagnons rigolaient bêtement, savourant la situation et très intéressés par la suite de son déroulement. Elle jeta un regard sur le côté. Dans la Jacksonville de son temps, le gamin se serait déjà pris une paire de baffes par un aîné et aurait été rapporté à ses parents ou au shériff à coups de pieds au derrière. Mais là, enfin, maintenant, personne ne réagissait. A part quelques regards désapprobateurs, dont elle n'était pas sûre de qui ils concernaient, les passants avaient plutôt tendance à détourner la tête et à faire un détour pour les éviter. Elle n'allait tout de même pas avoir à crier au secours pour qu'ils se rendent compte de la conduite honteuse de la bande de voyous ? Est-ce qu'ils réagiraient seulement si elle les prenait à parti ? Difficile à prédire.

"Viens j'vais t'montr..."

Ils virent en même temps le mouvement de la porte d'une des boutiques s'ouvrir, lui directement, Leigh du coin de l'oeil. Elle tourna la tête à temps pour voir le tenancier la regarder droit dans les yeux d'un air las et lui faire signe de venir. C'aurait pu être un guet-apens, mais elle décida de tenter le coup quand même, traversant la rue à grands pas et s'engouffrant dans l'échoppe en ignorant de son mieux les derniers quolibets que la bande, déçue, lui lançait.

Elle regretta son choix au moment précis où elle entra dans la boutique et aperçut l'intérieur, caché auparavant par les reflets sur les vitrines. Des dessins étaient accrochés partout, aux murs, au comptoir. Dans une pièce à l'arrière, elle apercevait un lit qui ressemblait fortement à ceux qu'ils avaient, à l'hôpital. Sur un chariot en métal, du matériel à l'air vaguement médical, tubes transparents, petites fioles de couleur, étayaient son sentiment de malaise.
Elle s'était arrêtée juste derrière la porte. Elle pouvait encore fuir si besoin. Et surtout, elle était trop curieuse pour se retenir de poser la question au maître des lieux :

"Vous êtes chirurgien ou vous torturez les gens ici ?"

Les docteurs et les bourreaux utilisaient un matériel étonnamment semblable. Pour ce qu'elle en savait la torture était peut-être bien plus efficace à présent, et sans doute mieux vue par voie de conséquence. Ses yeux accrochèrent le dessin d'une jeune femme vêtue d'une tenue affriolante qui souriait en prenant la pose. Pourquoi exposer ça là ? Elle fronça de nouveau les sourcils, et le rouge lui monta aux joues alors qu'il les avait à peine quittées. Est-ce qu'elle avait choisi entre la peste et le choléra ? Elle fit un tout petit pas, lentement, vers la porte, la main dans son dos prête à saisir la poignée pour l'actionner et se tirer de ce mauvais pas.






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MessageSujet: Re: Avenue des Dragueurs Relous [Leigh Greensleaves] Sam 3 Juin 2017 - 0:32

Avenue des Dragueurs Relous

Félix Norton

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Sa protégée avait accepté son invitation, laissant la porte se refermer dans leur dos. Félix fit quelques pas dans la pièce puis se tourna vers elle afin de guetter son attitude. Après tout, il faisait entrer une personne qui n'avait potentiellement aucune familiarité avec son monde, c'était alors prendre le risque de recevoir des critiques, ou de voir un comportement fermé. Il n'appréhendait pas cela, après tout, avec un corps aussi encré, il en avait connu des réflexions en tout genre. Dans sa propre boutique néanmoins, ce serait une première. Il était clair que les inconnu.e.s qui passaient par là n'allaient pas faire les choqué.e.s à cause de l'univers représenté sur les murs.
En fond, passait une musique au volume léger, Bad Things de Jace Everett, elle avait été épargnée par la partie de la playlist plus violente.
Le bodmodeur l'observait beaucoup, plantant ses yeux clairs dans sa gestuelle, dans ses expressions faciales, attendant une sorte de feu vert avant de l'abandonner pour s'occuper de ses affaires. Elle avait la permission de rester autant qu'elle le souhaitait, ou du moins, assez pour qu'elle se sente en sécurité, mais à la simple condition qu'elle ne l'embête pas.

L'inconnue lui semblait peu en confiance. Faisait-il si peur que ça ? Ou était-ce la faute à cet espace qui lui serait méconnu ? Il la voyait presque déjà ouvrir la porte pour fuir, grand bien lui fasse. Il ne la retiendrait pas. Si elle préférait les dragueurs des rues à un tatoueur reconnu, c'était bien son choix.

Elle sortit enfin un son. Un remerciement diriez-vous ? Non, mais de toute façon l'homme n'en attendait pas un. Il ne l'avait pas fait rentrer pour avoir de sa reconnaissance, ce n'était pas grand chose. A la place, elle le questionna sur sa profession, lui soumettant des propositions farfelus qui ne mettaient pas en valeur son art. Mais d'où venait-elle pour lui dire de telles choses ? Le fait qu'elle semblait si perdue ne pouvait lui laisser penser que ce n'était qu'une mauvaise blague. Mais le doute persistait. A cette époque, en ces lieux, comment pourrait-on passer à côté de ce métier ? Il lâcha un soupir blasé avant de se rasseoir à son bureau, ouvrant internet pour répondre à quelques mails. Le soleil faisait fuir les clients, et pour cause : l'été n'était pas la meilleure saison pour se faire encrer. Cela ne l'empêchait pas d'avoir quelques personnes à piquer. Mais avant la prochaine, sachant qu'il s'était prévu une petit pause, il avait devant lui une bonne heure.
Son écran ne captivait pas toute son attention, il en portait tout de même à sa drôle d'invitée, à laquelle il tardait à répondre. Posant par moment son regard sur son matériel. C'est ainsi qu'il se décida enfin à refermer son onglet, et à laisser son dos s'affaler sur le dossier de sa chaise.

- Tu es sérieuse ?

Dans le milieu, Félix restait très familier avec autrui, le tutoiement demeurait ce qu'il utilisait le plus, ce qui avait tendance à mettre en confiance. Avec elle cependant, il ne pouvait être sûr de rien, elle pourrait très bien prendre ce choix comme un manque de respect ? Il n'arrêterait qu'à sa demande.
Bon, la jeune femme n'avait pas l'air de venir d'ici, autant lui répondre sérieusement. Après tout, il y avait de tout dans cette ville. Il est vrai que son ignorance le surprenait beaucoup, mais consacrer quelque temps à parler de sa passion n'allait pas le tuer.

- Tu verras ici la plus belle des tortures alors, disons que je préfère être reconnu comme artiste que comme bourreau.

Félix savait ce qu'il valait, dans le milieu professionnel comme privé. Il connaissait les avis des plus grand.e.s à son égard, et ne s'encombrait pas de modestie.

- Chacun sa toile. Tu préfères sûrement du Masaccio.

Le tatoueur avait conscience que ce n'était pas une pratique qui plaisait à tout le monde, beaucoup aimait davantage voir une œuvre sur une toile. Lui-même n'était pas insensible à la peinture.
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MessageSujet: Re: Avenue des Dragueurs Relous [Leigh Greensleaves] Sam 3 Juin 2017 - 18:45



 
Avenue des Dragueurs Relous



Les paroles de la chanson ne firent rien pour la mettre à l'aise. Elle s'était habituée assez vite aux tonalités et rythmes d'aujourd'hui, à la fois moins délicats et plus directs que ce qu'on entendait à son époque (mais elle devait bien avouer que ça la changeait agréablement de l'ennui profond de la plupart des chants religieux qu'elle chantait à la chorale de son quartier), mais les sujets que choisissaient les artistes contemporains la gênaient profondément. Elle essaya de faire abstraction du fond sonore et des dessins les plus osés accrochés aux murs.
Cela ne lui laissait pas grand-chose d'autre à regarder et à écouter que le tenancier qui l'avait invitée à entrer. Maintenant qu'elle le voyait de près, elle constatait que les taches qu'elle avait cru dues à un jeu d'ombre sur sa peau étaient en fait dessinées dessus, parfois avec beaucoup de finesse, comme un étrange maquillage qui lui faisait un peu penser à des peintures de guerre. Avaient-ils inventé une sorte d'encre qui résistait à l'eau et restait collée à la peau lorsqu'on l'appliquait ? Après tout, entre les stylos et les marqueurs, sans parler des produits cosmétiques, elle avait découvert tellement de nouveautés que ça ne l'aurait pas étonnée. Elle aurait bien aimé en savoir plus, mais le simple soupir de l'homme en réponse à sa question la découragea de le questionner. Est-ce qu'il correspondait vraiment à l'une des options qu'elle avait proposées ? Ca devait être pour ça qu'il ne voulait pas lui rép...

"Tu es sérieuse ?"

Ah, tiens, non.
Ses yeux fusèrent vers les siens, et elle fronça un sourcil légèrement. Voilà qu'elle avait encore commis une erreur. Son ignorance l'agaçait quand elle la mettait dans ce genre de situation gênante. Elle se mordit l'intérieur de la lèvre inférieure pour éviter de manifester son trouble avec trop d'évidence. Il semblait se sentir insulté, mais elle ne savait pas précisément de quoi, alors elle choisit avec soin l'option la plus sûre : se taire.

"Tu verras ici la plus belle des tortures alors, disons que je préfère être reconnu comme artiste que comme bourreau."

... Ca ne lui apprenait pas grand-chose, et elle resta perplexe, le fixant toujours d'un air vaguement méfiant et hostile. Sa main ne s'était pas éloignée de la poignée, mais elle ne comptait pas détaler avant d'avoir compris de quoi il retournait ou d'être forcée à une retraite précipitée par une attaque.


"Chacun sa toile. Tu préfères sûrement du Masaccio."

"... Je ne connais pas Masaccio."

C'était peut-être une infamie à cette époque que de ne pas connaître ce nom, elle n'en savait rien, mais au point où elle en était, autant se montrer honnête. Le seul indice qu'elle avait était la consonance un peu italienne du nom, mais ça ne lui servait pas tellement, puisqu'elle se souvenait qu'on lui avait expliqué qu'avec le progrès des transports, les voyages étaient facilités et qu'on venait souvent s'installer en Amérique ou dans un autre pays que celui où on était né.
Soudain son cerveau connecta deux neurones et elle comprit de quoi il retournait. "Chacun sa toile".

"... Vous dessinez sur la peau des gens ?"

Elle fit un pas en avant dans la boutique et se tourna pour regarder, bouche bée la quantité d'oeuvres affichées.

"Tout ça, vous le peignez sur des gens ?"

C'était une question rhétorique plus qu'autre chose, elle avait compris le principe. Quelle étrange pratique. Elle n'avait pas souvenir d'avoir vu des personnes avec ce genre de décorations sur la peau, mais peut-être n'avait-elle simplement pas fait attention. Elle savait qu'on pouvait changer la couleur de ses cheveux à l'aide de poudres et de lotions, mais ça...
Un mot qu'il avait repris de sa première question lui revint à l'esprit. Son expression qui était carrément passée dans ce qu'on aurait pu classer dans la catégorie "un enfant découvre un truc fascinant", se durcit et revint dans le lexique qu'il connaissait déjà : méfiance, hostilité prudente.

"... Et en quoi c'est une torture ?"

Elle savait bien que ces tables étaient toujours mauvais signe pour le patient. Mais qu'est-ce qui pouvait être douloureux dans le fait de passer un pinceau ou un crayon sur la peau ? Et qui voudrait se plier à l'exercice s'il faisait souffrir ?

"Ca dure longtemps, au moins ?"

Il était peut-être temps de cesser d'enchaîner les questions.
Curiosity killed the cat.
But satisfaction brought it back.






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Dernière édition par Leigh Greensleaves le Dim 4 Juin 2017 - 20:04, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Avenue des Dragueurs Relous [Leigh Greensleaves] Dim 4 Juin 2017 - 2:02

Avenue des Dragueurs Relous

Félix Norton

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La jeune fille se montrait encore dubitative. Enfin, il pensait "jeune" sans connaître son âge, mais en se basant sur des caractéristique physique, il lui semblait qu'elle portait en elle une vingtaine d'années, au moins. Son esprit pourtant, toujours vierge de certaines nouvelles tendances dans cette société actuelle, lui donnait un air plus juvénile encore. Ainsi, sa carcasse, son caractère, son ignorance, formaient d’intrigants contrastes dont Félix ne savait en situer les origines. Sa seule hypothèse pour le moment était que cette inconnue venait d'une culture différente, et se retrouvait toute fraîchement intégrée dans ce nouvel espace. Soit. Il ferait en sorte de la guider au mieux, et lui offrir de quoi ouvrir son esprit, elle accepterait ou non, ces informations. Sa tolérance à la nouveauté ne pouvait être contrôlée par lui. Enfin, de son côté il se donnait pour travail de l'initier à sa discipline seulement, il n'allait pas se proclamer maître et commencer à lui donner un apprentissage sur toutes sortes de sujets qu'elle ne connaîtrait pas. N'abusons guère de sa gentillesse, et de sa passion.

Qu'elle ne connaisse pas le nom de Masaccio ne le surprenait pas vraiment. En ces quelques années où lui s'était baigné dans l'art, à se nourrir de connaissance sur ce sujet bien précis, parcourant un registre important d'artistes au fil du temps, d'autres s'étaient plutôt intéressé.e.s à des sports, des politiciens, des musiciens. En outre, il comprenait aisément que les centres d'intérêts variaient, et que si la peinture ne faisait pas partie des siens, il y avait très peu de chance qu'elle ne soit informée sur l'existence de cet homme, reconnaissant qu'il n'était pas aussi connu que Van Gogh, par exemple. Bien sûr, il aurait pu entreprendre une discussion au sujet de cet italien, mais la raison pour laquelle il s'en abstenait n'était pas que l'envie ne demeurait en lui, mais plutôt parce que ce n'était pas le sujet dont sa protégée de la journée semblait vouloir aborder. Par ailleurs, s'il pouvait éviter toute déviation futile dans l'enchaînement de leur thème initial, il le ferait !

Ses réponses n'avaient vraisemblablement pas assez éclairé la curieuse, pour cause : il ne s'était pas non plus montré des plus descriptifs. Mais, quand bien même sa position s'obstinait à se montrer craintif, ses mots révélaient un désir d'en savoir un peu plus. Elle rentrait progressivement dans la découverte d'un univers qu'elle fuyait en même temps physiquement. Encore une fois, il y voyait une fille indécise.

Peindre des gens... C'était une plus douce façon de voir les choses. Mais ce n'était pas représentatif de ce qui le branchait. Il aimait le fait que la satisfaction d'être encré.e soit précédée de douleur, que ce soit quelque chose que l'on paie de sa peau, de sa force mentale. C'était également un moyen de balayer les personnes manquant de motivation, même si le refus de se faire tatouer pouvait trouver bien d'autres raisons.

Ses questions fusaient, cette boutique avait réellement ouvert son appétit d'en apprendre plus. C'était plaisant, il l'admettait, d'habitude il devait expliquer un "pourquoi" plus qu'un "comment". A l'heure actuelle, il se sentait l'occasion de reprendre depuis le début, d'en expliquer la technique également, avant la raison. Ça changeait de ses débats routiniers dont il se lassait. Toujours les mêmes arguments, sortis comme s'ils étaient appris par cœur dans le simple but d'écraser l'autre et non d'éclairer et d'être éclairé.e.

Rapidement, il reprenait dans sa mémoire quelques bases par lesquelles, bien sûr, il commencerait. Tellement de choses étaient à dire. Pour commencer, Félix allait sûrement expliquer en quoi ce n'était pas de la torture. C'était sûrement un bon début pour la mettre en confiance. Le plus difficile serait de synthétiser toutes les informations.

- Bon, déjà, ce n'est pas une torture. Ce n'est pas une pratique qui se fait pour faire mal, mais elle fait mal, à la demande du client ou de la cliente dans un but esthétique ou symbolique. Dans tous les cas, c'est de l'art.

Il pouvait déjà sentir les interrogations à suivre, c'est vrai, pourquoi se faire mal après tout ? Pour lui, c'était quelque chose qui se ressentait plus que ça ne s'expliquait. L'envie, le désir de se faire marquer, ça prenait les tripes. Elle pourrait l'accepter, essayer de le comprendre, mais il fallait le vivre. Et ce n'était clairement pas au goût de tout le monde.

- L'encre est injecté dans la peau, dons c'est permanent. Enfin, ça perd un peu d'la gueule avec le temps, le motif va bouger, mais il va vieillir avec toi. Disons que c'est plus un dessin sous que sur la peau.

Lors de ses heures de boulot, Félix affichait toujours un air tantôt blasé, tantôt hautain, et parfois encore d'une incroyable neutralité. Dans le fond cependant, il bouillonnait toujours de ce bonheur ressenti lorsque la flamme y était, et son boulot l'épanouissait complètement. Son timbre de voix, quant à lui, suivait ses expressions faciales, et se retrouvait parfois coupé par ses soupires qu'il ne se gênait pas à lâcher publiquement. On aurait du mal à le croire, mais c'était un homme heureux, peu souriant par nature, mais heureux.

- Tu as d'autres questions ? Questionna-t-il.
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MessageSujet: Re: Avenue des Dragueurs Relous [Leigh Greensleaves] Dim 4 Juin 2017 - 12:59



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Les débats entre les érudits de la ville, dont les gens comme elles ne saisissaient que des bribes rapportées par les rumeurs populaires, lui revinrent en mémoire. Ils se disputaient régulièrement au sujet du statut de l'Art par rapport à la Religion. Don de Dieu, nécessitant sacrifices et dévotion, ou simple plaisir des sens impie qui distrayait les fidèles de leur foi ? L'Eglise Catholique avait fait son choix, mais les protestants continuaient de se questionner, et parfois de se déchirer autour de la question.
Elle-même ne se l'était posée que lors des dernières années de sa vie, celles qu'elle avait partagées avec son âme soeur (pour peu que les démons aient eu une âme), qui la poussait sans cesse à plus de réflexions. Elle n'était toujours pas certaines de ce qu'elle devait penser de tout ça. Comment considérer certains sujets particulièrement osés comme chrétiens ? Si la discipline était un cadeau du Seigneur, pouvait-elle tout de même être utilisée à mauvais escient ?
Cette nouvelle forme d'expression artistique la surprenait autant qu'elle la dérangeait. Altérer son corps de manière permanente lui semblait très peu respectueux envers ce qui était, après tout, l'oeuvre du Tout-Puissant. Ne l'aurait-il pas décorée de motifs s'il l'avait souhaité ainsi ? Mais après tout, la différence avec les autres types de parures n'était pas si grande. On se perçait bien les oreilles pour y pendre des métaux précieux. En fait, elle était plus choquée par la brutalité de la pratique et son aspect chirurgical que par le fait en lui-même. Elle porta la main à son lobe. On lui avait percé les oreilles alors qu'elle était encore toute jeune, et elle n'avait aucun souvenir de la douleur. Peut-être les personnes qui se faisaient "peindre" ainsi des dessins sous la peau oubliaient-elles aussi la désagréable sensation. Et puis, visiblement, elles avaient pris leur décision en toute connaissance de cause.

"Tu as d'autres questions ?"

Elle sortit de sa réflexion avec un léger sursaut, relevant le visage vers l'artiste.

"Oui."

Il lui fallut un instant pour faire un choix parmi toutes celles qu'elle aurait aimé lui poser, mais elle se décida rapidement.

"Il y a beaucoup de monde qui fait ça ? Je n'avais jamais fait attention."

Elle jeta un coup d'oeil à l'extérieur. La bande n'avait pas bougé. Elle joignit un soupir à ceux de son compagnon forcé, et désigna du doigt un tabouret qui se trouvait derrière le comptoir.

"Je peux m'asseoir ? D'ailleurs, merci de m'avoir proposé d'entrer. Personne n'avait l'air d'entendre ce qu'ils disaient."

Ce monde était étrange. Personne ne prêtait attention à son voisin dans la rue, ou dans les autobus et les trains, on s'habillait à peine mais on se marquait la peau à vie, on se mariait mais on pouvait divorcer à tout moment sans raison plus concrète qu'une simple lassitude... Elle qui avait déjà dû revoir la majeure partie de ses principes lorsque son mari avait été possédé, elle avait du mal à retrouver ses marques. Mais elle s'adaptait de son mieux, et faire des concessions n'était pas dans son caractère.

"Que puis-je vous offrir pour vous remercier ?"






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Félix Norton
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MessageSujet: Re: Avenue des Dragueurs Relous [Leigh Greensleaves] Ven 9 Juin 2017 - 15:42

Avenue des Dragueurs Relous

Félix Norton

Leigh Greensleaves

Il lui semblait que ses réponses avaient apporté à cette inconnue une certaine satisfaction. Se contentant des informations qu'il venait de lui donner pour rebondir, mais se satisfaisant de leur clarté initiale. Elle étendait le sujet, sans revenir sur les points qu'il avait souligné. Bien, il se montrait donc assez bon narrateur.
Ces quelques données suffirent, apparemment, à retourner le cerveau de cette ignorante en la matière. Il pouvait le comprendre, si comme elle le montrait cette jeune femme ne connaissant rien de cette discipline, ni de son mode d'emploi, cela pouvait s’entrechoquer avec sa culture. D'où venait-elle d'ailleurs ? Plusieurs fois depuis sa venue le bodmodeur s'était posée cette question, à son tour il aurait pu demander à être éclairé, mais pour le moment, le sujet lui plaisait bien trop pour qu'il veuille le détourner vers de quoi assouvir sa propre curiosité, peut-être même mal placée. Enfin... Depuis quand, lui, se souciait-il de la gêne que sa familiarité pouvait engendrer ? Il tutoyait sans demander, se montrait insolent quelque fois, ou encore troquait les "bonjour" pour des "salut".

Lorsqu'il eut fini de mettre de répondre à sa protégée, Félix avait pris soin de l'inciter à lui faire reprendre ce qu'elle n'avait pas compris, ou ce qu'elle souhaiterait connaître en plus après ces quelques phrases. Comme il l'avait imaginé, elle avait bien d'autres questions à lui transmettre. Soit, de toute façon il s'était fait à l'idée que sa boîte mail regorgerait de quelques nouveaux messages qu'il laisserait pour plus tard, si assidu à son travail, le tatoueur laissait rarement les clients sans réponse bien longtemps, mais pour une ou plusieurs heures... Patienter n'allait tuer personne.
Il la regardait en quête de ce qu'elle voulait savoir, il devait y en avoir des zones d'ombre dans ce cerveau. Enfin, sur ce sujet biens précis, loin de lui l'idée qu'elle était inculte dans plein d'autre domaine. Il ne saurait en juger après si peu de temps. Par ailleurs, en imaginant que ce soit le cas, sa curiosité montrait bien un désir d'apprendre, c'était ce qui comptait.

Quand sa première phrase fut sortie, il dut attendre quelques temps avant d'y répondre. En effet, l'attention de l'auteure était partie se faufiler derrière la vitrine, sur la bande jeune, puis sur le tabouret, puis sur une incompréhension du fonctionnement de leur société et enfin sur un moyen de le remercier.

Pour commencer, l'homme lui fit signe de s'asseoir, il ne fallait pas trop se gêner ici. Tout était dans le "trop" il y avait forcément des limites. Il lui offrit par la suite quelques réponses.

- Je ne te demande rien en échange de ce service, et ça me gênerait que tu continues à vouloir m'offrir quelque chose, donc passe à autre chose. Ou alors laisse de côté le vouvoiement, j'n'aime pas ça, ça me suffira.

Pendant qu'il répondait, l'artiste rangea un peu ses books qu'il avait préalablement sorti pour lors de la visite de son client.

- Détrompe toi, les gens t'ont entendue. Ils faisaient même attention à ton cas à leur manière, c'est-à-dire en fuyant. Ce ne sont pas de mauvaises personnes pour autant. Une sorte de partage des responsabilités. J'te la fais courte : si tu te fais agresser, tu as plus de chance d'être aidée lorsqu'il y a peu que beaucoup de monde. Regarde. Dit-il en jetant un coup d'oeil sur la rue. Je vois ton groupe de gamins, et déjà 7, 8, 9 passants, ah on arrive à une dizaine là, et ça fait pas 5 secondes. Donc c'est pas ici que tu auras le plus de chance d'être secourue. Les gens ont peur du ridicule, de se tromper, de se faire frapper, aussi. Et puis, si personne autour ne fait un pas pour t'aider, pourquoi eux le feraient ? Les torts seraient partagés, ça rassure leur conscience. Alors que dans une ruelle presque déserte, s'il n'y a qu'un individu en plus de tes agresseurs et toi, il n'aura personne sur qui rejeter la responsabilité. Tu vois l'truc ? M'enfin bref. Enchaîna-t-il. Ouaip, c'est plutôt courant de se faire tatouer, sauf que pour trouver un job c'est souvent mieux que ce soit pas super visible.

Cela dit, ça dépendant aussi du motif souhaité, avoir un tatouage représentant un signe de l'infini, et un représentant un visage, ce n'était pas comparable. Il n'avait pas jugé bon de faire tout un discours là-dessus, ça lui semblait logique. De toute façon il pourrait toujours le préciser plus tard, à l'occasion, si elle venait à poser la question.
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MessageSujet: Re: Avenue des Dragueurs Relous [Leigh Greensleaves] Sam 10 Juin 2017 - 22:52



Avenue des dragueurs relous



Au signe de son sauveur, elle alla se percher sur le tabouret.

"... D'accord, si... Tu préfères, je te tutoierai. Et tu peux faire pareil, évidemment."


Il était étrange pour elle de tutoyer un homme qu'elle n'avait rencontré que depuis quelques minutes. Mais la pratique s'était sensiblement répandue et elle n'était que moyennement surprise de la demande du tatoueur. Il avait l'air de se moquer des convenances. Il ne semblait pas mauvais pour autant, juste grognon. Ca ne la dérangeait pas. Elle préférait même ça aux sourires faux des flatteurs et des intrigants qui cherchaient à se faire aimer de tout le monde en ne se liant à personne.
Elle écouta avec attention l'explication qui suivit, et hocha la tête lorsqu'elle parvint à son terme. Ce qu'il disait faisait sens, elle n'avait juste pas envisagé les choses comme ça. A ses yeux, un gentleman qui restait passif dans une telle situation serait forcément déshonoré. Une femme, enfant ou vieillard pouvait bien sûr se passer d'intervenir à la condition qu'ils aillent chercher de l'aide. Mais cela ne concernait que ceux qui prêtaient attention à avoir un comportement irréprochable ou se souciaient de l'avis des autres... Mais il semblait que les rues contemporaines suivent une dynamique différente. Au lieu d'agir selon un code, il fallait ne pas sortir du rang et se comporter comme les autres. Elle avait du mal à saisir ce désir pour une normalité qui permettait de s'intégrer parfaitement, alors qu'en même temps elle ne cessait d'entendre encensées et citées en modèle les personnes qui avaient accompli des exploits exceptionnels. Peut-être comprendrait-elle un jour, peut-être était-ce là une contradiction intrinsèque comme il en existait tant d'autres.

"C'est mal considéré, alors, dans l'ensemble. Je crois que je comprends. Certaines oeuvres sont mal vues si elles brisent les codes, et sont appréciées seulement par les visionnaires... Ou par ceux qui apprécient simplement de provoquer leur entourage. C'est un peu pareil, non ?"


Elle parcourut à nouveau le mur des yeux à la recherche de créations qu'elle pourrait trouver à son goût. Certaines n'étaient pas si affreuses. Quant aux autres... Elle aurait eu bien plus confiance en l'avis de son mari pour déterminer si elles étaient prometteuses ou gratuitement atroces. Elle réservait donc son jugement.

"C'est vous qui avez fait tout ça ? Ou il y a d'autres artistes dans cet atelier ?"


Elle voyait des différences marquantes entre les styles mais il avait peut-être des périodes différentes pendant lesquelles il expérimentait...
Elle commença cependant à s'inquiéter de l'attitude blasée du tatoueur depuis qu'il l'avait invitée à entrer, sauf au moment où il lui expliquait en quoi consistait son art.

"Si je vous dérange, je peux repartir. Je ne veux pas gêner votre travail, si vous avez besoin de concentration. Je sais que je peux parler en réalisant, mais pas en concevant. Je ne sais pas où vous en êtes... Ni si nous fonctionnons de manière comparable."







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MessageSujet: Re: Avenue des Dragueurs Relous [Leigh Greensleaves] Dim 11 Juin 2017 - 15:45

Avenue des Dragueurs Relous

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Félix trouva naïf de la part de la jeune fille de lui permettre de la tutoyer. N'avait-elle pas compris qu'il n'en avait que faire ? N'avait-elle pas entendu qu'il avait débuté la conversation ainsi ? Qu'il prêterait attention à un "vouvoyez moi" plus qu'un un "tu peux me tutoyer", dans le fond, ça voulait bien dire la même chose, il devrait se montrer moins sensible aux tournures des phrases. Peut-être que s'il cessait de chipoter pour si peu, on trouverait sa présence davantage agréable, mais de ça aussi il n'en avait que faire.
Le tatoueur sentait sa voix hésitante lorsqu'elle commença à changer de personne du singulier, n'utilisait-elle jamais ce langage avec autrui pour se sembler se sentir si désarmée face à ce changement ? Il voyait une personne de bonne famille, le genre qui était soumise dès son enfance à une hiérarchie parfois absurde. Cet homme n'avait rien contre de l'organisation dans la société, bien que certains codes étaient à critiquer, et à changer. Mais il ne saisissait pas l'intérêt, le vrai, de cette variance dans la personne sélectionnée pour s'adresser à quelqu'un.e. Pourquoi dire "vous" à un professeur, à un.e inconnu.e ? Pire à un parent ou à un conjoint ?
Il ne souhaitait pas commencer à poser suppositions sur suppositions, ce n'était pas dans sa philosophie de vie, il favorisait bien plus la sagesse des accords Toltèques aux tourments d'une hypothèse qui ne lui servirait pas. Si la curiosité, l’incompréhension le démangeait, il lui paraissait plus utile de demander directement, ou d'oublier ce point.

Suite à ses explications, l'inconnue montra grand intérêt à comprendre le fonctionnement, à creuser plus loin, et parcourir des aspects sociologiques. Félix posa son coude sur la table, puis appuya sa joue contre son poing fermé, utilisant son bras comme maintien. Il leva les yeux au plafond, plus pensif que blasé. En effet, les œuvres qui brisaient les codes étaient mal vues par une masse : la doxa. Mais il ne pouvait pas nier que certaines pratiques du bodmod avait réussi à se faufiler au travers des mœurs, ainsi les tatouages et les piercings -lorsque ces-derniers se limitaient plus aux oreilles, de ce qu'il avait pu remarquer- étaient bien plus tolérés qu'avant, mais restaient connotés. Ainsi, il apparaissait comme choquant pour des gens de concevoir des parents entièrement tatoués. Encore une fois, il y avait un limite quantitative, et de genre également. En effet, un tatouage discret passait évidemment mieux qu'une pièce imposante old school sur la poitrine. Cependant, pouvait-il valider le fait que cet art plaisait "seulement" aux visionnaires ou aux personnes souhaitant provoquer ? Non. C'était une question de goût, un tatouage se faisait pour soi le plus souvent, et non pour choquer X personne. Il avait bien plus parcouru de son encre la peau de personnes cherchant à faire pénétrer une histoire, de la signification dans leur épiderme, sans pour autant se compter parmi les visionnaires, que des gens qui ne voulaient que percuter un.e individu. Ce n'était pas faut pour autant à condition de retirer le "seulement".

Sa protégée l'avait sorti de ses pensées en le questionnant sur les œuvres aux murs. Félix parcourait différent style, en passant par du réalisme, mais il était loin de tous les gérer. Il pouvait les reproduire, mais pour autant être dénué de ce "truc", ce "it" qui le démarquerait plus qu'un pro dans le même style. La plupart des œuvres qui décoraient le salon étaient effectivement de lui, afin de montrer ce qu'il se faisait ici. D'autres cependant, appartenait à son défunt mentor, non par souvenir, mais dans le but de montrer à quel bon école il avait appris. Bien sûr, lorsque tel était le cas, la signature de cet homme avait été conservé, son but n'étant pas de lui voler son art.

Sa réflexion l'avait laissé tomber dans un mutisme qui semblait inquiéter son invitée. Il ne fut pas surpris par ses dernières paroles, ayant totalement conscience de l'image de lui qu'il renvoyait. Avec une bonne inspiration il redressa sa tête de ses phalanges, laissant son bras se reposer sur le meuble face à lui, tandis qu'il jeta un coup d’œil dehors. La bande de gamin avait fini par se lasser de leur activité, regarder deux adultes parler ne comptait pas, en effet, dans les divertissements les plus ludiques.

- Mmh, non t'en fais pas, j'aurais pas grand monde avant une trentaine de minutes. Mais tu peux partir si tu veux, je ne vois plus les jeunes qui te suivaient. Alors soit ils t'attendent dans un coin, soit ils ont trouvé une autre occupation. Félix se frotta l'oeil en regardant ses murs. La grande majorité est de moi, mais quelques uns sont de mon mentor. Ça peut intéresser la clientèle de voir un peu mes inspirations. Pour le moment je travaille seul. Oui, la clientèle, parlons-en. J'ai vu passer sous mon dermographe toutes sortes de personnes, et crois moi que si en effet, j'ai pu encrer des individus qui voulait choquer par les motifs sur leur peau, ou encore des personnalités totalement originales, il n'y a pas que ça dans ce monde. Et arrête de me vouvoyer.
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MessageSujet: Re: Avenue des Dragueurs Relous [Leigh Greensleaves] Mar 13 Juin 2017 - 17:34



Avenue des dragueurs relous



Elle jeta un regard par la fenêtre et ses yeux fouillèrent la rue à la recherche de la bande de garçons qui l'avaient accostée. Elle ne les vit nulle part, conformément à ce que lui avait assuré le tatoueur. Et s'ils la recroisaient, elle savait grâce à ses explications qu'il suffirait probablement de s'adresser directement à un passant en lui demandant son aide pour l'impliquer suffisamment pour l'obtenir. L'idée la rassurait beaucoup plus que son soupçon précédent, qui était que ce genre de comportement n'était pas simplement toléré mais approuvé, peut-être même encouragé et soutenu.
Elle revint à la salle pour observer les oeuvres aux murs et suivre ses explications. Si elle s'y était mieux connue, elle aurait sans doute pu distinguer les deux pattes des artistes exposés, mais ce n'était pas le cas. Elle hocha la tête pour montrer qu'elle comprenait et intégrait les informations concernant le profil des clients. Loin d'elle l'idée de le vexer en sous-entendant qu'on ne faisait appel à son art que dans une visée aussi vaine.

"Et arrête de me vouvoyer."

Elle ferma les yeux un instant, pinçant les lèvres, agacée contre elle-même et ses réflexes. Une simple consigne était-elle trop difficile à être appliquée ? Il fallait croire que oui.

"Je m'excuse."

Elle pouvait encore rester une demi-heure. Ou elle pouvait partir sans chercher à en savoir plus. Mais elle ne connaissait personne dans cette ville et cet homme avait l'air bienveillant. Et son art l'intéressait. Son mari aurait adoré l'idée.

"Est-ce que tu... Pardon, comment est-ce que tu t'appelles ? Mon nom est Leigh, Greensleaves. Je suis étudiante à l'université, en arts du spectacle, section costumes."


Normalement, elle aurait donné la profession ou le rang de ses parents ou de son mari. Mais personne ici ne pouvait les connaître, même si on excluait le fait que l'information ne leur servirait pas à grand-chose à quelques siècles d'écart à présent qu'elle était esseulée ici. Ou plutôt, maintenant.
Elle retint l'envie furieuse de ponctuer sa présentation d'une révérence, mais inclina légèrement la tête malgré tout.

"Je n'étais jamais venue dans ce quartier. Il est... Comme ça, tout le temps ? Ca ne ... te dérange pas ? Ou tes clientes ? Si les femmes peuvent se faire, heu, tatouer, bien sûr, je n'ai pas demandé si c'était une pratique réservée aux hommes, ou si vous étiez les seuls à pouvoir la pratiquer en tant que professionnels..."


On lui avait bien sûr parlé de l'égalité hommes-femmes, mais... C'était tellement étrange comme concept, et puis, les beaux principes ne sont pas toujours appliqués. De toute façon, si on l'accusait d'inculture sur les moeurs locales, elle pourrait toujours répondre qu'elle venait de Grande-Bretagne. Tout le monde savait que la Vieille Europe était radicalement différente et beaucoup plus traditionaliste.






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